Monétique: Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence actent la fin du monopole du CMI

Le marché du paiement électronique par carte bascule définitivement vers un modèle multi-acquéreurs.. Dr

Revue de presseGrâce à une action conjointe menée par la banque centrale et le gendarme de la concurrence, le marché du paiement électronique par carte bascule définitivement vers un modèle multi-acquéreurs. Portée par le démantèlement des activités commerciales du Centre Monétique Interbancaire et par une baisse significative des frais d’interchange, cette réforme structurelle vise à diversifier l’offre, à réduire les coûts pour les commerçants et à accélérer l’inclusion financière dans le Royaume. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 12/07/2026 à 20h16

Le marché du paiement électronique par carte au Maroc amorce un virage historique. Dans le cadre de leur coopération institutionnelle, Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence ont tenu plusieurs réunions stratégiques consacrées à la mise en œuvre des engagements souscrits par le Centre Monétique Interbancaire (CMI) et ses banques actionnaires. «L’objectif affiché de cette synergie est de dynamiser la concurrence au sein de ce secteur crucial et de stimuler son développement au profit de l’inclusion financière des citoyens», indique le magazine Finances News Hebdo.

Les deux autorités de régulation se félicitent aujourd’hui des résultats probants issus de cette collaboration. Cette dynamique a trouvé son ancrage juridique dans la décision du Conseil de la concurrence du 31 octobre 2024, laquelle a rendu contraignants les engagements du CMI et de ses actionnaires. Ce texte actait une rupture majeure: la cessation de l’activité d’acquisition monétique du CMI et l’ouverture progressive du marché à de nouveaux opérateurs, selon un calendrier rigoureusement planifié.

L’application de cette feuille de route s’est traduite par des mesures concrètes. Dès le 1er novembre 2024, le CMI s’est vu interdire le démarchage de nouveaux commerçants. Le démantèlement de son monopole s’est poursuivi avec l’obligation de céder l’intégralité de son portefeuille de contrats. Ce processus de transition est arrivé à son terme, les contrats privés devant être transférés au plus tard le 31 janvier 2026, suivis des contrats publics le 30 avril 2026. «Parallèlement, la décision a instauré un cadre équitable, transparent et non discriminatoire permettant aux différents établissements de paiement d’accéder aux infrastructures techniques de traitement du CMI», souligne Finances News.

Pour sa part, Bank Al-Maghrib a joué un rôle de facilitateur en accompagnant les nouveaux acteurs agréés, ainsi que ceux déjà en place, dans le déploiement de leurs activités d’acquisition. La banque centrale s’est particulièrement assurée du respect des normes de sécurité, de fiabilité et de continuité de service, indispensables à la confiance du public.

Le volet tarifaire constitue l’autre grand levier de cette transformation. Après avoir plafonné les frais d’interchange applicables aux paiements monétiques domestiques à 0,65% en octobre 2024, Bank Al-Maghrib a franchi une nouvelle étape. Par une décision datée du 6 juillet 2026, l’institution a abaissé ce taux à 0,50%, une mesure qui prendra effet le 1er octobre 2026. Ce nouveau dispositif introduit également un plafond préférentiel de 0,15%, spécifiquement calibré pour les paiements gouvernementaux et le secteur du commerce de proximité, afin d’encourager la numérisation des transactions quotidiennes.

L’ensemble de ces réformes structurelles a permis au Maroc de basculer d’un modèle mono-acquéreur, longtemps verrouillé, vers une architecture multi-acquéreurs ouverte. Cette transition s’opère sans heurts, garantissant la continuité des services tout en favorisant une diversification de l’offre et, surtout, une baisse significative des commissions d’acquisition supportées par les commerçants. Forts de ce succès, Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence entendent maintenir une vigilance active en assurant un suivi régulier du marché, avec l’ambition partagée d’offrir aux citoyens des solutions de paiement électronique sûres, modernes et compétitives.

Par La Rédaction
Le 12/07/2026 à 20h16