Le Maroc se trouve dans une position intermédiaire et ambivalente face à la complexité fiscale de la Coupe du monde 2026, selon une étude du cabinet Greenback Expat Tax Services. Bien que le pays bénéficie d’un atout structurel grâce à une convention fiscale bilatérale signée avec les États-Unis en 1977, ce bouclier juridique ne couvre que l’impôt fédéral, indique le magazine hebdomadaire Challenge. Les Lions de l’Atlas restent exposés aux taxes locales, appelées «jock taxes», car leurs trois matchs de groupe se dérouleront dans des juridictions à forte pression fiscale: East Rutherford dans le New Jersey (10,75%), Foxborough dans le Massachusetts (9%) et Atlanta en Géorgie (4,99%). De plus, l’article 17 de cette convention permet aux États-Unis d’imposer les primes individuelles et les bonus de match des joueurs dès le premier jour de compétition, sans seuil de résidence.
À l’échelle du continent, le rapport révèle de profondes inégalités fiscales entre les dix nations africaines qualifiées. Seuls le Maroc, l’Égypte et l’Afrique du Sud sont protégés par des traités bilatéraux avec Washington. Les sept autres sélections, dont le Sénégal, l’Algérie, le Ghana, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, la RD Congo et le Cap-Vert, subiront une retenue fédérale automatique de 30% sur l’ensemble des revenus générés sur le sol américain, avant même l’application des taxes locales, lit-on dans Challenge. Pour des pays comme le Sénégal, l’absence de convention se double d’un calendrier programmé dans des États à forte fiscalité comme le New Jersey.
À l’inverse, le Cap-Vert bénéficie d’un calendrier plus favorable dans des États sans impôt sur le revenu comme la Floride ou le Texas, même si cela ne le dispense pas de la taxe fédérale de 30%. Ce mécanisme de la «jock tax», propre au système américain, impose les athlètes professionnels proportionnellement aux jours passés ou aux matchs disputés dans chaque État. Alors que le Canada et le Mexique ont accordé des exemptions fiscales élargies pour ce Mondial, les États-Unis maintiennent un système fragmenté où la protection fédérale s’arrête à la frontière des États. Une simulation de Greenback montre qu’à performance égale, un joueur non protégé peut perdre un tiers de ses gains au niveau fédéral, créant des écarts de revenus nets de plusieurs millions de dollars à l’échelle d’une équipe par rapport aux sélections bénéficiant d’accords diplomatiques.



