Au-delà du spectacle offert par les démonstrations des patrouilles acrobatiques de l’armée de l’air, le Marrakech Airshow est rapidement passé de la vitrine spectaculaire à la réalité des affaires lors de sa deuxième journée. Alors que l’événement se poursuit jusqu’au 10 octobre à la base aérienne de la ville ocre, l’attention générale s’est déplacée des carlingues exposées vers les capacités de production, les investissements et les stratégies d’approvisionnement. «Au cœur de cette dynamique, la montée en puissance de Royal Air Maroc s’impose comme un catalyseur incontournable pour l’écosystème national, envoyant un signal fort aux industriels venus se positionner sur les futures chaînes de valeur de l’aéronautique», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 9 octobre.
Cette orientation résolument pragmatique s’est traduite par une série de conventions majeures. Un mémorandum d’entente a ainsi été signé entre le ministère de l’Industrie et du Commerce, l’Amdie et Mecapole Aerospace & Defence en vue de développer des capacités d’usinage de pièces pour avions et hélicoptères. Ce projet représente un investissement de 10 millions d’euros et prévoit la création de 80 emplois directs. Dans le même temps, le Gimas, l’Amdie et Korea Aerospace Industries ont paraphé un accord pour explorer de nouvelles coopérations industrielles, incluant le développement de fournisseurs et de futurs investissements au Maroc.
De son côté, Matis Aerospace a officialisé un programme d’investissement d’environ 16,5 millions de dollars destiné à renforcer sa production de câblages électriques aéronautiques, avec la perspective de générer 750 emplois directs, tandis qu’APS Coating Solutions prépare l’implantation d’un site intégré à Casablanca pour les activités de traitement de surface.
Au centre de cet échiquier industriel, Royal Air Maroc occupe une position stratégique unique. La compagnie aérienne nationale a signé avec le ministère de l’Industrie et du Commerce une convention axée sur le sourcing local, visant à transformer la croissance de ses besoins en débouchés concrets pour les entreprises implantées dans le Royaume. «Cette ambition est portée par un plan d’expansion d’envergure: après avoir franchi le cap des 70 appareils fin septembre et accueilli son 71e aéronef début octobre, le transporteur vise une flotte de 74 avions d’ici la fin de l’année 2026, puis de 88 en 2027, pour atteindre le cap des 200 appareils à l’horizon 2037», souligne L’Economiste.
Cette trajectoire expansionniste engendre des besoins considérables en matière de maintenance, de pièces de rechange, d’équipements de cabine, d’ingénierie et de formation. Les accords conclus visent précisément à structurer cette synergie, le ministère s’engageant à accompagner les fournisseurs locaux pour qu’ils répondent aux exigences strictes de qualité, de coût, de délai et de sécurité de l’aviation civile, en contrepartie d’une visibilité accrue sur le calendrier et la nature des commandes de la RAM.
Cette volonté de modernisation s’est concrètement illustrée au deuxième jour du salon par la signature d’un accord entre la compagnie et Boeing portant sur la rénovation complète des cabines de sept Boeing 787-8. Ce chantier vise à harmoniser l’expérience des passagers selon les standards actuels de la compagnie, tout en modernisant la flotte. Alors que l’écosystème aéronautique marocain rassemble déjà plus de 150 entreprises, cette dynamique à long terme confirme la volonté du pays de capitaliser sur ses acquis pour attirer de nouveaux investissements, consolider ses chaînes d’approvisionnement et faire rayonner le label Made in Morocco sur la scène internationale.




