L’économie va mal sous le gouvernement Akhannouch: croissance, IDE, chômage… ces chiffres qui ne trompent pas

Aziz Akhannouch intervenant lors de la séance consacrée au bilan d'étape de l’action du gouvernement, à la Chambre des représentants, le 24 avril 2024. (Y.Mannan/Le360)

Les IDE ont enregistré en 2023 leur niveau le plus bas depuis 19 ans. Et les derniers chiffres du Haut-Commissariat au plan sonnent l’alarme en attirant l’attention sur la gravité de la situation économique au Maroc et, surtout, l’incapacité de l’exécutif à honorer ses engagements d’atteindre une croissance moyenne annuelle de 4% durant le quinquennat 2022-2026. Le gouvernement Akhannouch a-t-il perdu la bataille de la croissance?

Le 02/07/2024 à 14h15

Alors que le chômage atteint des niveaux historiquement élevés au Maroc (plus de 13%), la dernière note de conjoncture du Haut-Commissariat au plan (HCP) est venue montrer que rien n’a été fait pour arranger les choses, faisant état d’un recul manifeste de la croissance au premier trimestre 2024, limitée à seulement 2,5% contre 3,9% une année auparavant.

Le constat est d’autant plus inquiétant que cette contreperformance touche essentiellement les activités non agricoles dont la valeur ajoutée a vu son rythme ralentir, ramené à 3,2% au premier trimestre 2024, contre 3,9% il y a un an. Ce qui met à rude épreuve le leitmotiv de l’argument du gouvernement lié à «six années successives de sécheresse», surtout si l’on tient compte du repli net des secteurs secondaire et tertiaire.

Autre constat inquiétant, la chute spectaculaire des Investissements directs étrangers (IDE) qui ont reculé à 1,09 milliard de dollars en 2023, atteignant leur niveau le plus bas depuis 19 ans, selon le dernier rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

«Bien que le gouvernement s’efforce de trouver un équilibre entre une politique monétaire visant à relancer l’investissement privé et la consommation, et une politique budgétaire visant à ramener l’inflation de 3,4% en 2024 à 2% à partir de 2025, tout en plafonnant le déficit budgétaire à moins de 4%, ces efforts semblent insuffisants», estime l’économiste Abdelghani Youmni.

Et d’ajouter: «Le Maroc reste en effet dépendant d’une croissance économique basée à 40% sur le secteur agricole, à 20% sur les échanges avec l’Union européenne, à 26% sur les services marchands, et à seulement 12% sur le secteur industriel.»

Cependant, poursuit l’économiste Abdelghani Youmni, les solutions dépassent largement le cadre macroéconomique, domaine dans lequel le Maroc est reconnu pour sa résilience et ses performances. «Entre 2025 et 2050, le Maroc achèvera sa transition démographique avec une diminution significative de son dividende jeunesse. L’émergence économique et industrielle du pays est donc une urgence. Il est nécessaire de réformer le cadre micro-économique: redéfinir la vocation des entreprises, les besoins des consommateurs et la fonction économique des territoires. Il est impératif de cartographier les entreprises marocaines, d’analyser les comportements de consommation des Marocains et de construire une matrice SWOT des régions pour en faire des acteurs clés de l’emploi, de l’industrialisation et de la création de valeur ajoutée», renchérit la même source.

«Il faut laisser les gens souffler»

Dans une récente conversation avec Le360, le Haut-commissaire au plan, Ahmed Lahlimi, a estimé que la politique «sociale» du gouvernement serait favorable à la demande, alors que le problème se situe, à ses yeux, au niveau de l’offre, appelant à une refonte complète du système de production. «Il faut pousser notre agriculture à produire le maximum pour renforcer la souveraineté alimentaire. Il faut miser sur les exploitations familiales qui intègrent les céréales et l’élevage, et qui produisent des rendements plus élevés que dans les grandes exploitations, notamment dans les zones bourg», a suggéré Ahmed Lahlimi.

Dans cet échange avec Le360, le Haut-commissaire au plan a pointé les effets contradictoires des politiques budgétaire et monétaire menées séparément par le gouvernement et la Banque centrale dans un contexte particulier, dans lequel «les gens sont épuisés psychologiquement par les séquelles de la crise sanitaire».

«D’un côté, on essaie de faire une politique qui permet à la société et à l’économie de reprendre du souffle. De l’autre, on augmente les obstacles pour vous faire financer», a-t-il ajouté, faisant ainsi allusion aux hausses successives du taux directeur de Bank Al-Maghrib en 2022 et 2023.

«Il faut laisser les gens souffler. Au lieu de brider la croissance par une politique monétaire rigoureuse, un peu excessive à mon avis, on aurait pu lisser la hausse du taux directeur sur une longue période… Il vaut mieux une croissance, quitte à avoir une inflation, qui permet aux gens d’avoir de l’emploi, plutôt que d’être dans une situation dans laquelle l’inflation cohabite avec le chômage», a poursuivi Ahmed Lahlimi.

On pensait que l’économie était le point fort des membres de l’équipe Aziz Akhannouch, venus pour la plupart d’entre eux du monde du business à la conquête des arcanes du pouvoir. Au rythme de progression actuel des agrégats macroéconomiques, les observateurs se demandent comment le gouvernement va-t-il pouvoir honorer ses promesses électorales, lui qui s’était engagé à porter la croissance à une moyenne de 4% entre 2022 et 2026? Or, dans le meilleur des cas, celle-ci a atteint 3,4% en 2023, contre seulement 1,5% en 2022. Autrement dit, l’exécutif aura besoin d’une croissance de 6 à 7% chaque année durant la seconde moitié de son mandat pour honorer son engagement. Il faut croire aux miracles pour penser que les recettes de McKinsey, sur lesquelles le gouvernement porte ses espoirs, pourraient inverser la donne et renouer avec une croissance durable.

Sans parler des Investissements directs étrangers (IDE) qui ont été en 2023 plus bas que lors des deux mandats des gouvernements dirigés par les islamistes. Quand on sait que certains ministres du gouvernement Akhannouch riaient sous cape de «l’incapacité» des cadres du PJD à pouvoir tenir un discours structuré à des investisseurs étrangers, le minimum syndical qu’on attend d’eux c’est de faire mieux que leurs prédécesseurs.

Par Wadie El Mouden
Le 02/07/2024 à 14h15

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

Ils font déjà mieux que leurs prédécesseurs !

mc kenzi apporte des conseils miracles et vertueux il faut continuer a le croire

‘’Le temps passe et nous, nous sommes là avec Akhannouch’’. C’est un graffiti des laissés-pour-compte du Taboristan adapté à une situation héritée de l’ère Ikhwanienne et aggravée à l’ère du Capital Juge et Partie (1). xxxxxxxx (1) Pour voir la vidéo, utilisez cette expression dans Youtube : <>

Il faut reconnaitre que nous sommes des ingrats. Regardez dans la photo du présent article, l’effort financier généreux, personnel et volontaire consenti par Akhannouch et sa constellation de sociétés pour venir en aide aux enfants démunis, aux familles sans ressources, aux vieillards abandonnés, aux veuves malheureuses, aux femmes récemment accouchées et aux futurs inscrits sur le registre social dont on parle depuis des décennies !

C'est ingrat de donner d'une main, et de retirer le double et même beaucoup plus de l'autre main?

Le Maroc veut construire le plus grande jamais construit dans la civilisation humaine. Pour la somme de 5 milliards de dirhams. C'est plus que le budget de toutes les bibliothèques du Royaume sur 15 ans. J'ai énormément de respect pour la culture juive, car ils valorisent l'éducation. Ils valorisent la lecture. C'est pas pour rien qu'on les appelle le peuple du livre. C'est une obsession chez eux la lecture de livres. Un pays qui ne valorise pas l'éducation, qui ne valorise pas la lecture, ce n'est pas un pays qui ira loin. Le sous-développement est un choix.

«Le Maroc reste en effet dépendant d’une croissance économique basée à 40% sur le secteur agricole, à 20% sur les échanges avec l’Union européenne, à 26% sur les services marchands, et à seulement 12% sur le secteur industriel.» Nous manquons horriblement de la culture « capital risque ». La majorité de nos hommes d’affaires sont dans les secteurs de la distribution, de la promotion immobilière, de l’assurance et de la banque…etc. Ainsi, l’’industrialisation du pays n'intéresse pas nos riches hommes d’affaires. Même la fiscalité, qui a son mot à dire pour corriger les choses, n’a pas son mot à dire. Nous avons besoin d’un gouvernement de Mission. Regardons ce que les urnes européennes sont entrain de nous donner. Démocratie, démocratie...

«Le Maroc reste en effet dépendant d’une croissance économique basée à 40% sur le secteur agricole, à 20% sur les échanges avec l’Union européenne, à 26% sur les services marchands, et à seulement 12% sur le secteur industriel.». le Maroc est un pays agricole pour nourrir propre population. A mon avis, le secteur qui permettrai au Maroc de substituer ce secteur aléatoire et franchir un cap dans son développement est celui du tourisme et de l'artisanat. En effet, si le Maroc accueille 20 millions de touristes hors MRE, son PIB sera constamment en progression. L' Andalousie, petit Maroc, accueille 18 millions de touristes chaque année...

The truth is that the rich gets richer, and the rest keeps being squeezed harder and harder! C’est une situation intenable et, assurez-vous, le gouvernement Akhennouch ne fera rien pour arranger les choses. Quant à une véritable opposition qui pourrait lui tenir tête pour la recadrer ou lui demander des comptes, elle n’existe même pas. Pourquoi? Parce que les partis qui la forment ne sont en réalité que des coquilles vides dont les dirigeants se servent exclusivement pour servir leurs propres intérêts, et ceux des hordes de mal-élus qui en portent les couleurs. Donc les marocains se retrouvent exposés à la volonté d’un gouvernement qui croit dur comme fer à l’idéologie du «let the market decide (laisse le marché décider)»!

Le Ministre du Budget a de lourdes responsabilités. Il doit tenir compte de la crise climatique. Il doit mettre en place une fiscalité efficace pour améliorer la santé publique (tabac, sucre, diesel). Il doit diminuer les inégalités en taxant l'héritage. Il doit simplifier la fiscalité des communes. Il doit éviter les projets inutiles proposés par les différents Ministères (patinoire géante).

La croissance est au plus bas et le chômage est en plus haut et les IDE sont catastrophique le Maroc est classé en bas d'échelle dans le continent du jamais vu.il est temps de se réveiller nous sommes un pays organisateur de la coupe du monde.

Le Ministre du Budget a de lourdes responsabilités. Il doit tenir compte de la crise climatique. Il doit mettre en place une fiscalité efficace pour améliorer la santé publique (tabac, sucre, diesel). Il doit diminuer les inégalités en taxant l'héritage. Il doit simplifier la fiscalité des communes. Il doit éviter les projets inutiles proposés par les différents Ministères (patinoire géante).

L'extrême droite française peut faire d'énormes dégâts économiques au Maroc avec sa politique protectionniste qui a attaqué publiquement les usines de groupes français et les exportations agricoles marocaines, donc la majorité de nos exportations! Si on rajoute la volonté de bloquer les transferts des MRE en France (voir Europe), un racisme qui peut détourner les touristes français et une économie fr déjà mal en point, on aboutit à une future catastrophe économique. Tout est visé économiquement par le RN au Maroc : exportations (industrie+agriculture), investissement, transferts des MRE et tourisme sans compter persécutions des MRE y compris étudiants marocains. Une internvention de notre roi Mohammed 6 (que Allah l'assiste) est importante pour sauver l'économie marocaine face au RN.

@sdasda, je veux au contraire que le royaume du Maroc obtienne des reconnaissances légitimes de la marocanité du sahara et cela doit être avec un autre parti que l'extrême droite raciste.

T'es grillé le kouloughli.

Des marocains résidents à l'étranger essayent de s'installer et d'investir au Maroc,ils font déjà beaucoup pour envoyer des milliards en devises, malgré les frais exorbitants des banques, dont ils doivent normalement exonorés. Ils aident leurs familles dans tous les domaines en les sortant de la pauvreté, mais malheureusement ils sont toujours harcelés injustement et depuis plusieurs décennies Jusqu'à nos jours par la douane, et l'administration; ce qui fait que beaucoup de MRE ne trouvent toujours pas le courage ni la force pour affronter l'administration marocaine et rentrer s'installer ou même investir dans leur pays d'origine.On fait la libre échange avec plusieurs pays, mais on taxe à mort les MRE. Et comme on dit, il n'ya que les babouins qui ne voient pas plus loin que leurs nez

Le minimum syndical attendu d’eux c’est de faire mieux que leurs prédécesseurs.. Au stade de la déconfiture à laquelle on est arrivé aujourd'hui , nous nous contenterons simplement du résultat affiché par leurs prédécesseur.

0/800