Crise de fluidité au port d’Agadir: des marchandises bloquées jusqu’à 11 jours

Vue aérienne du port d'Agadir.

Revue de presseMaillon essentiel des échanges commerciaux dans le sud du Maroc, le port d’Agadir est confronté à une série de contraintes qui affectent sa performance et sa compétitivité. Saturation des infrastructures, congestion routière, manque d’espaces de stockage et lenteurs administratives figurent parmi les principaux obstacles relevés par les professionnels. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 10/06/2026 à 18h53

Considéré comme l’un des principaux pôles logistiques du sud du Maroc, le port commercial d’Agadir est actuellement confronté à une série de difficultés structurelles et organisationnelles qui freinent son efficacité et limitent sa compétitivité. Des contraintes relevées dans plusieurs rapports professionnels et institutionnels qui concernent aussi bien les infrastructures que les procédures administratives et les mécanismes de coordination entre les différents intervenants de la chaîne logistique, indique Al Akhbar de ce jeudi 11 juin.

Les acteurs économiques de la région font notamment état de lenteurs observées dans le traitement des marchandises, de formalités administratives complexes, de problèmes liés à la facturation et aux redevances portuaires, ainsi qu’à des retards dans la manutention des conteneurs et l’expédition des cargaisons. Des dysfonctionnements qui se traduisent par des périodes d’attente parfois longues, perturbant la fluidité des opérations d’importation et d’exportation et qui génèrent des coûts supplémentaires pour les entreprises.

Cette situation a conduit à la tenue d’une réunion élargie à l’ensemble des intervenants de la région Souss-Massa, afin d’examiner les moyens de surmonter ces obstacles, relaie Al Akhbar. Les représentants des administrations concernées, les opérateurs portuaires et les professionnels du secteur ont examiné plusieurs pistes d’amélioration afin d’améliorer la coordination entre les intervenants, de simplifier les procédures et d’accélérer le traitement des marchandises. Objectif affiché: rendre les services portuaires plus performants et consolider le rôle stratégique du port d’Agadir dans le commerce national et international.

D’après les constats établis, les difficultés touchent en premier lieu l’organisation logistique terrestre. Les accès routiers et les infrastructures de liaison apparaissent insuffisants, devant l’augmentation actuelle du trafic. Les embouteillages récurrents dans les différentes entrées du port ralentissent le mouvement des camions, particulièrement au cours des périodes de forte activité, comme les campagnes d’exportation des produits agricoles. Cette situation entraîne des retards dans les livraisons et réduit le rythme des opérations de chargement et de déchargement. Les professionnels critiquent également les limites du système de gestion interne du port. La transition numérique reste incomplète, et plusieurs opérations continuent de dépendre de procédures manuelles ou insuffisamment intégrées. Par ailleurs, «l’absence d’un système automatisé performant pour le suivi des conteneurs et l’organisation des espaces de stockage provoque parfois des retards supplémentaires et complique la gestion des flux de marchandises», indique Al Akhbar.

Parmi d’autres contraintes relevées, le manque d’espaces dédiés aux conteneurs. Les délais de séjour des marchandises dans l’enceinte portuaire peuvent atteindre, dans certains cas, une moyenne de onze jours. Cette situation se retrouve aggravée par une coordination jugée insuffisante entre les différents services concernés. Les opérateurs déplorent notamment l’absence d’une plateforme numérique commune permettant de suivre à l’avance les conteneurs pour l’export, et de préparer avec précision les documents nécessaires avant l’accostage des navires. Le développement du port se heurte également à des limites foncières. Situé dans un espace géographique contraint, entre le relief montagneux de l’Anti-Atlas et l’urbanisation croissante de la ville, le site dispose de faibles possibilités d’extension horizontale pour créer de nouvelles zones de stockage, ou permettre d’accueillir des activités complémentaires. À cet état de fait, s’ajoute la coexistence d’activités commerciales, de pêche maritime, de réparation navale et de tourisme, ce qui complique davantage encore l’organisation des espaces, et la circulation à l’intérieur même du complexe portuaire.

Autre défi majeur: les enjeux environnementaux. En effet, certaines opérations liées au déchargement de matériaux solides, de produits chimiques ou d’hydrocarbures nécessitent des investissements importants, afin de préserver la qualité des eaux côtières et de limiter les risques de pollution, d’autant plus que le port est situé à proximité immédiate du littoral touristique d’Agadir. Plusieurs acteurs économiques considèrent que la création d’un port sec dans la zone industrielle de Drarga, à proximité d’Agadir, pourrait devenir une solution stratégique. Cette infrastructure pourrait servir de prolongement logistique au port commercial, en permettant de fluidifier les procédures douanières, d’améliorer la gestion du trafic des camions et de renforcer les capacités de stockage destinées aux exportations. Cette évolution pourrait donc contribuer à réduire la congestion actuelle, et à consolider la position du port d’Agadir, en tant que plateforme incontournable du commerce et de la logistique dans le sud du Royaume.

Par La Rédaction
Le 10/06/2026 à 18h53