Le marché de l’e-santé au Maroc franchit le cap historique de 1,2 milliard de dollars

La santé numérique s’impose comme un pilier de la transformation médicale dans le Royaume.. DR

Revue de pressePortée par l’essor de la téléconsultation et l’urgence de moderniser l’accès aux soins, la santé numérique s’impose comme un pilier de la transformation médicale dans le Royaume. Si la dynamique se concentre aujourd’hui dans les grandes métropoles, le secteur doit encore relever des défis réglementaires et d’infrastructures pour s’étendre aux zones rurales, guidé par les recommandations de la nouvelle feuille de route du Centre d’innovation en e-santé. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 05/07/2026 à 19h26

Le marché de l’e-santé au Maroc franchit un cap historique en atteignant une valorisation de 1,2 milliard de dollars, selon une récente étude du cabinet Ken Research. Propulsée par la crise sanitaire et soutenue par la hausse du coût des soins ainsi que par la recherche d’un accès médical plus rapide, la santé numérique est en passe de redessiner durablement le paysage médical du pays. «Fondée sur une analyse de cinq années de recul, cette transformation progressive touche de nombreux outils allant des applications mobiles à la télésurveillance, en passant par les systèmes d’information hospitaliers et les solutions de prescription électronique», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 6 juillet.

Cette mutation profite en premier lieu aux établissements hospitaliers et au segment de la téléconsultation, qui s’impose comme la dynamique la plus forte du secteur. En facilitant l’accès direct aux praticiens, en réduisant les déplacements et en assurant la continuité du suivi des maladies chroniques hors des structures hospitalières, le numérique permet d’anticiper les complications médicales tout en allégeant la pression sur les services d’urgence.

Pour l’heure, l’essor de ces pratiques reste majoritairement concentré dans les grands pôles urbains comme Casablanca, Rabat et Marrakech, qui bénéficient d’une plus forte densité de population, d’infrastructures technologiques supérieures et d’un écosystème de startups dynamiques. «Toutefois, les experts estiment que ces métropoles doivent servir de tremplin pour diffuser la télémédecine vers les régions aujourd’hui sous-dotées», note Les Inspirations Eco.

Le déploiement national de l’e-santé se heurte encore à des défis structurels majeurs, notamment le déficit de connectivité Internet et le manque d’infrastructures dans les zones rurales. Le rapport de Ken Research souligne que la structuration complète de ce marché dépendra fortement de l’intégration de la télémédecine dans le système de santé public, de la digitalisation des hôpitaux via le cloud et de la clarification des cadres réglementaires, en particulier concernant les autorisations d’exercice, la protection des données personnelles et les modalités de remboursement des actes par les assurances.

Parallèlement à ce constat, le Centre d’innovation en e-santé (CIeS) a publié un Livre blanc qui trace une feuille de route pour accompagner cette transition. Pour réussir la transformation numérique globale, l’organisme préconise la mise en place d’une gouvernance nationale dédiée, le renforcement de la sécurité informatique et l’instauration de standards d’interopérabilité pour faire communiquer les différents systèmes. Les auteurs plaident enfin pour le déploiement progressif du dossier médical partagé et insistent sur l’importance d’impliquer l’ensemble des acteurs, du secteur privé aux patients, en passant par la formation continue des professionnels de santé afin de garantir une adoption durable de ces technologies.

Par La Rédaction
Le 05/07/2026 à 19h26