La retraite anticipée séduit de plus en plus

Revue de presseKiosque360. Depuis plusieurs années déjà, les fonctionnaires ont compris l'intérêt de recourir à la formule de la retraite anticipée. Explications.

Le 15/09/2016 à 23h44

Les demandes de départ à la retraite ont explosé, nous annonce Aujourd’hui le Maroc dans son numéro du vendredi 16 septembre. L’effet de la réforme qui vient d’entrer en vigueur est, bien évidemment, l’une des principales causes de ce phénomène. Ceci, car la retraite anticipée était une option tout à fait envisageable pour la pluspart des fonctionnaires. Entre 2006 et 2014, seuls 1.250 départs à la retraite anticipée ont été enregistrés, soit une moyenne annuelle de 138 retraités. Mais, dès 2015, ce chiffre a bondi à 7.500 cas. Pour l’année en cours, selon un bilan toujours provisoire, le nombre de départs anticipés à la retraite aurait déjà dépassé les 15.000 dossiers, principalement dans le secteur de l’enseignement. En une décennie donc, le nombre de départs à la retraite a été multiplié par quinze. En réaction à cette fuite groupée des fonctionnaires, le ministre en charge du budget a tout simplement affirmé que le gouvernement ne pouvait interdire aux fonctionnaires de recourir à un dispositif légal.

Le gouvernement a certes introduit des changements concernant les départs volontaires à la retraite dans la Fonction publique, mais ces changements seront manifestement très peu dissuasifs. La nouvelle loi, qui vient d’entrer en vigueur en août dernier, impose aux agents de sexe masculin, dans l’Administration publique, de justifier d’une durée de service effectif de 24 ans au lieu de 21 ans auparavant. Pour les agents de sexe féminin, dans la fonction publique, la durée requise de service effectif dans l’Administration est de 18 ans au lieu de 15 ans dans le passé. Même avec ces changements, les fonctionnaires auront toujours la latitude de quitter la Fonction publique à 60 ans, voire un peu plus tôt.

Par Fayçal Ismaili
Le 15/09/2016 à 23h44