Gabon: un investissement stratégique du Marocain CIMAF

Anas Sefrioui, président-directeur général de Ciments de l'Afrique.. (c)Saad@tazi.net

Revue de presseLe groupe cimentier marocain CIMAF injecte 40 millions d’euros au Gabon pour moderniser ses installations et ouvrir une troisième ligne de production. En parallèle, l’État gabonais accentue sa participation au capital de la filiale locale pour instaurer une gouvernance partagée, illustrant le recentrage africain du cimentier et la politique de souveraineté économique menée par Libreville. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 02/06/2026 à 19h38

Le 20 mai 2026, au Palais Rénovation de Libreville, le président-directeur général de Ciments de l’Afrique (CIMAF), Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont scellé un accord d’investissement de 40 millions d’euros. Cet apport financier est destiné à moderniser l’usine d’Owendo et à y intégrer une troisième ligne de production, une extension nécessaire pour répondre à la croissance rapide de la demande locale en matériaux de construction, portée par les grands chantiers d’infrastructure du pays, indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Au-delà du volet industriel, cette opération consacre une rupture dans la gouvernance de l’entreprise. Le gouvernement gabonais marque sa volonté de porter sa participation dans le capital de la filiale locale à 20%. Cette démarche fait suite à une première entrée au capital à hauteur de 10% réalisée en décembre 2025. Pour Libreville, cette montée en puissance actionnariale vise à obtenir un droit de regard direct. Elle s’inscrit dans la doctrine économique globale appliquée depuis août 2023, qui cherche à transformer les investissements étrangers d’envergure en copropriétés nationales, lit-on dans Challenge.

Du côté de CIMAF, ce partenariat renforcé coïncide avec l’achèvement de sa réorientation stratégique globale. Le groupe d’Anas Sefrioui se désengage progressivement du marché européen, une dynamique confirmée par l’annonce simultanée de la cession de sa dernière cimenterie en France. Face à un marché européen jugé mature et soumis à de fortes pressions, le cimentier marocain choisit de concentrer ses capitaux sur le continent africain, où les besoins en urbanisation et en infrastructures de base (routes, ponts, logements) restent massifs.

Cette transaction marque également une évolution des axes d’influence économique du Maroc. Historiquement plus implantés en Afrique de l’Ouest, les grands opérateurs privés marocains structurent désormais leur présence en Afrique centrale dans des secteurs industriels clés. Pour le Gabon, dont l’économie repose traditionnellement sur la rente pétrolière, cette alliance public-privé sert de laboratoire pour tester un modèle de diversification industrielle, conjuguant capitaux privés marocains, encadrement public gabonais et intégration économique régionale.

Par La Rédaction
Le 02/06/2026 à 19h38