Crise de l’habitat: 1,1 million de logements vacants dans le Royaume

Casablanca. Vue sur les toits d'anciens bâtiments du centre-ville, en 2016 (archives).

Immeubles à Casablanca.. FADEL SENNA/AFP

Revue de presseLe total des logements vacants représente 16% du parc national. Quelque 70% de ces logements sont implantés en milieu urbain. Le phénomène prend de l’ampleur dans le Royaume, alors qu’il aurait pu doper l’offre d’habitat et apaiser la flambée des prix, que ce soit pour l’acquisition ou la location. Le moyen d’y parvenir: la taxation. Cet article est une revue de presse tirée du magazine Finances News Hebdo.

Le 09/02/2025 à 19h39

Le chiffre est du Haut-Commissariat au Plan, et c’est Finances News Hebdo qui en rend compte: dans le Royaume, le parc de logements vacants s’élève à plus de 1,1 million d’unités, représentant 16% du parc national, dont 70% situés en milieu urbain.

«Pour des raisons sociales, économiques, fiscales et réglementaires, le nombre de logements inoccupés a fortement progressé au Maroc. Une meilleure gestion de ce parc aurait permis d’augmenter l’offre et de stabiliser les prix, tant pour l’achat que pour la location», a expliqué Mohamed Alaoui, expert en immobilier, interrogé par le magazine.

Ces biens constituent des investissements improductifs, ne générant «ni emploi ni valeur ajoutée, et sont souvent conservés à des fins spéculatives», par conséquent, car, «par crainte des procédures judiciaires en cas de loyers impayés, de nombreux propriétaires préfèrent ne pas louer leurs biens».

De plus, ceux-ci «redoutent d’éventuelles réévaluations fiscales lors de la vente», un phénomène «répandu à l’échelle internationale, notamment dans les pays à forte concentration urbaine».

Pour y faire face, plusieurs équipes gouvernementales ont «instauré des taxes spécifiques sur les logements vacants, selon des critères bien définis», écrit le magazine, une «mesure appliquée dans de nombreuses villes européennes et permettant aux collectivités locales de percevoir des recettes fiscales supplémentaires. Le Maroc pourrait s’inspirer de ces expériences pour revitaliser le marché immobilier, qui peine à retrouver son dynamisme d’antan», a suggéré Mohamed Alaoui.

Plusieurs pays ont été confrontés à cette problématique, et ont adopté des dispositifs fiscaux pour inciter les propriétaires à mettre leurs biens en location. Ainsi, en France, une loi a été promulguée en 1998, afin de «rééquilibrer l’offre et la demande de logements», et s’applique aux logements vacants depuis au moins deux ans dans les agglomérations de plus de 200.000 habitants.

Le Royaume du Maroc «compte une dizaine de villes dépassant ce seuil de population, dont la plupart connaissent un déficit en matière d’habitat. L’introduction d’une taxe sur les logements vacants pourrait dynamiser le marché immobilier tout en générant des revenus fiscaux pour l’État».

«Toutefois, cette décision relève avant tout d’une volonté politique et nécessite une étude approfondie de sa faisabilité. Avant de l’adopter, il conviendrait de bien différencier les logements vacants des résidences secondaires», écrit-on.

Un logement vacant est généralement non meublé et ne présente pas de consommation d’eau ou d’électricité, précise en outre le magazine. A l’inverse, précise-t-on, «une résidence secondaire, souvent meublée, est utilisée occasionnellement, notamment par des Marocains résidant à l’étranger. Il ne serait pas juste d’appliquer une telle taxe à ces derniers».

En attendant, le Royaume a placé «le secteur de l’habitat au cœur de sa stratégie de développement», indique Finance News Hebdo, «et grâce à des investissements conséquents impliquant des fonds publics, plusieurs programmes ont été mis en œuvre».

L’objectif principal en est «d’accroître l’offre de logements et de proposer des solutions adaptées aux besoins de différentes catégories de la population, qu’il s’agisse du logement social, des habitations destinées à la classe moyenne ou encore des dispositifs de relogement des habitants des bidonvilles et des logements insalubres».

Bien que ces initiatives aient permis d’élargir l’offre, indique le magazine, «elles n’ont pas suffi à rééquilibrer le marché immobilier ni à répondre aux besoins des autres segments, notamment les logements de standing».

La rareté du foncier et l’expansion urbaine ont «conduit au développement de nouvelles zones résidentielles en périphérie des villes», précise-t-on.

Cette situation contraint «de nombreux résidents à parcourir de longues distances pour rejoindre leur lieu de travail ou d’étude».

Par ailleurs, le prix des loyers dans les grandes villes du Royaume a fortement augmenté, «rendant l’accès au logement difficile, malgré la présence paradoxale d’un nombre important d’habitations inoccupées».

Par Walid Ayadi
Le 09/02/2025 à 19h39

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L' étude de cas de l' économie empirique démontre qud Suivre le chemin de la surréglementation et l 'interventionisme tout azimut administrative conduit - à la paralysie de l'économie et la génération de l'inflation supplémentaire Effet de la courbe de Laffer.

Surtaxer ne changera rien. Ils devraient s'occuper des locaux commerciaux inoccupés un peu partout, meme au centre des villes. Beaucoup de gens travaillent loin car les gens n'arrivent pas a louer leurs rez de chaussez avec des protections solides contre les profiteurs. Imagine louer le tien pour une misere juste pour que le clodo vende le pas de porte/sous-loue at barbe et ton nez pour une fortune, en te laissant en plus incapable de recuperer ton bien a la fin du bail s'il n'est pas renouvelé. Pas etonnant que tout ce monde prefere les garder vides plutot qu'envahis. Pour les aparts aussi, airbnb a changé la donne. Tu loue pas cher et un jour les voisins te racontent que ca a été transformé en sous-location airbnb et que des inconnus vont et viennent chaque jour.

Si on synthétise tous les commentaires, 1 seul mot revient: la justice. A bon entendeur...Ce qui est incompréhensible, c'est que nous connaissons tous nos maux, le remède, mais nous ne faisons rien. C'est plus fort que nous! C'est dommage.

Quelle créativité ! Copier les erreurs de la France et les appliquer au Maroc. Si vous pensez que taxer va persuader les propriétaires à louer leurs biens, vous avez tout faux. En faisant des calculs, un propriétaire choisira certainement de payer une taxe que de perdre son argent et son temps dans les tribunaux et chez les avocats.

Trop de taxes trop d impôt tue l impôt d un autre côté les propriétaires n ont pas confiance dans la justice de leur payé qui traine

Pour dynamiser l'offre locative,Il suffit de mettre en place des textes de lois efficaces garantissant le payement des loyers impayés et la célérité des procédures judiciaires. Pas la peine de prévoir des taxes supplémentaires.cela n'allait ni dissuader les proprios ni résorber le déficit locatif, Je le répète, au lieu de taper sur le bailleur par les taxes, contraindre le locataire à respecter ses engagements,notamment payer son loyer. Une personne a mis 4 ans pour récupérer son appt par voie judiciaire et ce, sans récupérer le loyer dû. ÑB :prière de Cesser de comparer le Maroc à la France.

Encore une fois on veut copier la France et l'Europe qui sont en plein déclin économique...ca devient une maladie. Pourquoi ne pas améliorer la justice pour les loyers impayés ?

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