Crise de la collecte céréalière: le défi de l’approvisionnement en blé tendre

Avec une récolte de blé tendre limitée à 7 millions de quintaux, contre 15 à 20 millions attendus, le Maroc mobilise autorités et opérateurs pour garantir l’approvisionnement du marché intérieur.

Revue de presseFace à un déficit historique de la récolte nationale de blé tendre et à des tensions accrues sur les marchés internationaux, le Maroc restructure sa politique d’importation en doublant sa prime d’aide aux opérateurs. Une stratégie d’approvisionnement qui s’appuie durablement sur la France, premier partenaire du Royaume, pour sécuriser les stocks nationaux et garantir la stabilité du marché meunier. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 07/10/2026 à 20h41

Dans un contexte de déficit marqué de la collecte nationale de blé tendre, le Maroc se trouve confronté à une situation complexe, dans laquelle les opérateurs de la filière et les autorités publiques unissent leurs efforts pour garantir l’approvisionnement du marché intérieur. «Alors que les prévisions initiales tablaient sur une récolte oscillant entre 15 et 20 millions de quintaux, celle-ci s’est avérée bien inférieure, atteignant à peine 7 millions de quintaux, ce qui constitue un véritable fiasco pour la collecte nationale», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 8 octobre.

Cette contre-performance de la production locale a eu des répercussions directes sur les stocks des meuniers, les contraignant à suspendre leurs achats sur le marché international pendant près de quatre mois et fragilisant ainsi les réserves stratégiques du pays. Selon les données fournies par la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses, les importations de céréales ont enregistré une chute drastique de 35% entre le 1er juin et le 30 septembre, les volumes de blé tendre importés s’effondrant de 96% par rapport à la même période de l’année précédente.

Pour pallier cette baisse critique et stimuler la reconstitution des stocks nationaux, le gouvernement a reconduit le système de restitution à l’importation du blé tendre jusqu’à la fin de l’année 2026, tout en doublant la prime forfaitaire d’importation au cours du mois d’octobre. «Cette prime, portée de 20,80 à 44,48 dirhams par quintal importé par l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses, vise à compenser l’écart avec les cours mondiaux et à soutenir le pouvoir d’achat face à la flambée des prix», souligne L’Economiste.

Dans ce paysage marqué par des tensions géopolitiques et des perturbations logistiques persistantes autour de la mer Noire, la France continue de jouer un rôle primordial dans la sécurité alimentaire du Royaume. Premier fournisseur de blé tendre du Maroc depuis près de deux décennies, elle voit ce partenariat renforcé par la position du Royaume, qui demeure depuis quatre ans la première destination du blé français hors de l’Union européenne.

Cependant, les projections pour la campagne 2026-2027 tablent sur un léger recul des exportations françaises de blé tendre vers les pays tiers, dont le volume est estimé à environ 7 millions de tonnes, en raison de moindres besoins globaux du Maroc. «Néanmoins, les importations marocaines en provenance de l’Hexagone maintiennent une tendance à la hausse sur le plan qualitatif, portée par l’excellente qualité du blé français cette année, comme l’attestent les navires actuellement en rade au port de Casablanca, qui transportent des volumes significatifs», écrit L’Economiste.

Ce lien stratégique a d’ailleurs été mis à l’honneur lors des Rencontres franco-marocaines des céréales, organisées à Casablanca, qui ont réuni des centaines de professionnels des deux pays pour examiner les perspectives des marchés mondiaux et sécuriser les approvisionnements. À travers ces échanges et le soutien continu de l’État, qui prend en charge le différentiel entre le coût d’importation et le prix de cession, les acteurs institutionnels et professionnels confirment leur volonté commune de surmonter les aléas climatiques et les incertitudes du commerce international.

Par La Rédaction
Le 07/10/2026 à 20h41