À Casablanca, Bank of Africa éclaire les opérateurs économiques sur les nouveautés de la réglementation de change

Le siège de Bank of Africa, à Casablanca.

Bank Of Africa a organisé, le 9 juin à Casablanca, une rencontre dédiée aux nouvelles dispositions de l’Instruction générale des opérations de change. Réunissant des représentants de l’Office des changes, de l’AMDIE et des opérateurs économiques, cette rencontre a permis de décrypter les principales mesures introduites par la nouvelle réglementation et de mettre en avant les solutions d’accompagnement proposées par la banque pour soutenir les entreprises marocaines dans leur développement à l’international.

Le 09/06/2026 à 21h54

Bank of Africa a organisé, mardi 9 juin à Casablanca, une conférence d’information consacrée aux nouvelles dispositions de l’Instruction générale des opérations de change (IGOC) 2026, sous le thème des «Nouvelles dispositions de l’Instruction générale des opérations de change 2026: opportunités, impacts et dispositifs d’accompagnement». L’objectif était de présenter aux opérateurs économiques les principales évolutions introduites par ce nouveau cadre réglementaire et leurs implications pour les entreprises marocaines engagées à l’international.

Cette rencontre a réuni des représentants de l’Office des changes, de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), ainsi que des experts de Bank of Africa. Les échanges ont porté sur les mesures visant à renforcer l’attractivité de l’économie marocaine, à simplifier les procédures administratives et à offrir davantage de flexibilité aux acteurs économiques.

Intervenant lors de cette conférence, Abdelmouttalib Berrada, chef de la division veille et réglementation à l’Office des changes, a détaillé les principaux apports de l’IGOC 2026. Selon lui, la nouvelle instruction s’articule autour de trois objectifs majeurs: promouvoir l’investissement et les opérations commerciales, répondre aux besoins des usagers en matière de dépenses en devises et renforcer les capacités de financement des activités internationales.

Faciliter les opérations internationales

Parmi les nouveautés phares, figure l’ouverture de nouvelles perspectives pour les start-ups labellisées auprès de l’Agence de développement du digital (ADD). Celles-ci pourront désormais investir à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams par an, sans obligation de justifier trois années d’activité ni de présenter des comptes certifiés par un commissaire aux comptes.

L’IGOC 2026 introduit également la possibilité de conclure des engagements de garantie d’actif et de passif lors d’opérations de cession d’actions ou de parts sociales entre résidents et non-résidents. Les règles relatives aux transferts de revenus d’investissements en faveur des étrangers résidents sont quant à elles assouplies, notamment pour les investissements détenus depuis plus de dix ans.

L’Instruction générale des opérations de change 2026 prévoit par ailleurs des dispositions destinées à soutenir les exportateurs marocains. Les adjudicataires de marchés à l’étranger pourront alimenter leurs comptes en devises ou en dirhams convertibles à hauteur de 15% des montants rapatriés. Les règles encadrant les importations de services ont, de surcroît, été simplifiées avec la suppression de la liste limitative jusque-là en vigueur et la mise en place de nouvelles facilités de règlement.

De même, les associations de microfinance bénéficient d’un assouplissement qui leur permet de régler librement leurs importations de services. L’IGOC 2026 étend en outre la possibilité de compensation des positions à l’ensemble des opérations de couverture contre les risques de change, les fluctuations des taux d’intérêt, des matières premières et des autres actifs financiers.

Pour les entreprises exportatrices, plusieurs avantages sont reconduits ou renforcés. Elles pourront notamment loger jusqu’à 70% des montants rapatriés dans des comptes en devises ou en dirhams convertibles. Ce plafond est porté à 85% pour les sociétés du secteur aéronautique et les opérateurs catégorisés auprès de l’Office des changes.

Les exportateurs peuvent aussi régler des commissions au profit d’intermédiaires étrangers dans la limite de 10% des opérations concernées, accorder des réductions commerciales justifiées pouvant atteindre 5% et financer directement les dépenses liées à leur activité à l’étranger.

Ce dispositif de la réglementation de change prévoit enfin la possibilité d’effectuer des transferts à titre d’avances dans le cadre des marchés remportés à l’international, dans la limite de 20% du montant du contrat. Cette mesure vise à permettre aux entreprises marocaines de couvrir les dépenses nécessaires au démarrage des projets avant l’encaissement des premières recettes.

Hausse des dotations en devises

Abdelmouttalib Berrada a également relevé que l’IGOC 2026 apporte plusieurs changements en faveur des usagers effectuant des dépenses en devises. Ainsi, la dotation voyages d’affaires est portée à 1 million de dirhams, contre 500.000 dirhams auparavant, pour les entreprises ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles.

Pour les opérateurs catégorisés, cette dotation atteint désormais 1,5 million de dirhams. Idem pour la dotation voyages personnels qui connaît également une revalorisation. Le plafond de la dotation supplémentaire est passé à 400.000 dirhams, calculée sur la base de 30% de l’impôt sur le revenu acquitté, laquelle s’ajoute à la dotation de base maintenue à 100.000 dirhams. Le plafond global annuel est fixé à 500.000 dirhams.

Les étudiants poursuivant leur cursus à l’étranger bénéficient désormais d’un relèvement du plafond mensuel des frais de séjour, qui passe de 12.000 à 15.000 dirhams. De son côté, la dotation e-commerce destinée aux start-up est doublée, atteignant 2 millions de dirhams par an.

Pour les personnes physiques résidentes ainsi que les Marocains résidant à l’étranger, la dotation e-commerce annuelle est relevée de 15.000 à 20.000 dirhams. Une dotation minimale de 50.000 dirhams est également instaurée au profit des entreprises nouvellement créées, des sociétés exonérées d’impôt ou de celles dont l’impôt acquitté demeure inférieur à ce montant.

Des solutions mises en place par Bank of Africa

Cette rencontre a été également marquée par la présentation des solutions mises à la disposition des opérateurs économiques par Bank of Africa afin de sécuriser leurs transactions internationales et d’accompagner leurs projets de développement à l’étranger.

Selon Houda Amrani, directrice adjointe en charge de l’activité commerciale de BMCE Capital Markets, cet accompagnement couvre le financement du commerce extérieur, la maîtrise de la réglementation des changes ainsi que la gestion des risques liés aux fluctuations des devises.

La banque a notamment mis en avant TPME Invest, son mécanisme d’appui au financement des investissements, ainsi que Business Online (Cash & Trade), sa plateforme intégrée dédiée à la gestion des flux et des opérations internationales.

Les participants ont également été informés des solutions proposées par la Salle des marchés de Bank of Africa pour la couverture des risques financiers, ainsi que des différents dispositifs d’accompagnement destinés aux entreprises exportatrices et aux porteurs de projets d’investissement.

À travers cette conférence, Bank of Africa entend renforcer la sensibilisation des opérateurs économiques aux nouvelles opportunités offertes par l’IGOC 2026 et faciliter leur adaptation à un environnement réglementaire appelé à soutenir davantage l’ouverture internationale des entreprises marocaines, ont souligné les organisateurs.

Par Lahcen Oudoud
Le 09/06/2026 à 21h54