Vidéo. Sbagha Bagha, ou quand le street art se déploie sur les murs de Casa

le360
Le 14/07/2019 à 16h35

VidéoLa sixième édition du festival Sbagha Bagha, organisé par EAC-L’boulevard, a cours depuis le 2 juillet, et se poursuivra jusqu'au 18 juillet. Des artistes de tous horizons créent d'immenses fresques sur les façades décrépies de la métropole économique. Le360 est allé à leur rencontre.

Pour la sixième fois sur les murs et les façades de Casablanca, l'association EAC-l’boulevard organise, depuis le 2 juillet dernier, et pendant quatre jours encore, jusqu'à ce jeudi 18 juillet, un déploiement d'artistes spécialisés dans le street art. Sbagha Bagha a en effet six ans. Objectif de toujours: donner une autre allure aux façades souvent tristes et décrépies de Casablanca. 

C'est armés de bombes aérosol colorées que plusieurs artistes, tant marocains qu'étrangers, ont investi, en toute légalité, les murs de Casablanca pour y déployer leur créativité avec leurs dessins et leurs graffitis. 

Vendredi dernier, dans le quartier populaire et commerçant de Derb Omar, place de la Victoire, Le360 a rencontré l’équipe organisatrice de Sbagha Bagha, pour ce qui a été voulu comme un festival pour la métropole économique. 

Près du mur jouxtant une station-service, dans cette place, NDZW, artiste polonais, travaille. Adepte de graffitis dits "sauvages" (soit sans la permission préalable des autorités), ce Polonais s'est retrouvé, grâce à Sbagha Bagha, dans une inhabituelle légalité. Préférant garder l’anonymat, NDZW n'a pas désiré s'exprimer, ni apparaître devant la caméra. 

Un peu plus loin dans Casablanca, près du stade Mohammed V, un autre artiste de street art, marocain, celui-ci, s’active sur un des murs. Majid El Bahar est né à Béni Mellal. Interrogé par Le360, il indique que sa "première expérience avec EAC-L’Boulevard remonte au festival Jidar [manifestation de street art de Rabat, Ndlr] en 2015. A cette époque, j’avais pris part au mur collectif. Cette année les organisateurs m’ont confié un mur, j’en suis très honoré».

Expliquant ses dessins, Majid El Bahar affirme que "ce qui [l']anime, c’est l’idée du Women Power. Il faut croire en nos sœurs et nos filles. Penser autrement en 2019 revient à être archaïque".

Dernière étape de ce reportage, le mur collectivement créé par les street artists de cette sixième édition. 

Sur la façade du Lycée Ouallada, à la fin du très long boulevard d’Anfa, dans le quartier Vélodrome, plusieurs artistes de tous âges, et de toutes nationalités, s'activent, à l'image de cette artiste espagnole, originaire de Barcelone, qui crée sous le pseudonyme de Musa 71. 

Musa 71 affiche fièrement pas moins de trente années d’expérience dans le street art, c'est donc tout naturellement à elle qu'est revenue la difficile tâche de diriger la création picturale de la fresque sur cette façade du lycée Ouallada. De plus, cette artiste profite de cette mission qui lui a été donnée à Casablanca pour transmettre aux apprentis street artists de précieux savoir-faire.

Ainsi, Musa 71 annonce qu'elle encadre les plus jeunes et leur transmet ses techniques, ainsi que des astuces pour qu’ils puissent parfaire leur créativité. 

«Il est très important pour les jeunes artistes de côtoyer des créateurs expérimentés. Cela fait gagner aux jeunes un temps précieux, et ils peuvent de ce fait aspirer à la maîtrise» ajoute Musa 71.

Cette artiste de la région de Catalogne affirme aussi que les femmes se doivent absolument de jouer leur rôle dans leur société, mais aussi dans le monde des arts et de la culture.

«Les femmes ont beaucoup à apporter à l’art et à la culture. A travers mes voyages, il y a aussi un message que je veux transmettre à la femme: à cœur vaillant, rien d’impossible», explique Musa 71, doyenne de cette sixième édition de Sbagha Bagha. 

Par Karim Ben Amar
Le 14/07/2019 à 16h35

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