Télérama rend hommage au «Majestueux Maroc» avec une œuvre de Bouhchichi en première de couverture

La Une de Télérama, édition du 3 au 9 juin 2026, consacrée à une oeuvre de M'barek Bouhchichi.

La Une de Télérama, édition du 3 au 9 juin 2026, consacrée à une oeuvre de M'barek Bouhchichi.

Faire la première de couverture du magazine «Télérama», référence de la presse culturelle et artistique française depuis 1947, n’est pas donné à tout le monde. Alors quand elle est consacrée à l’œuvre d’un artiste marocain, M’barek Bouhchichi, on en mesure encore plus l’importance et on prend le temps d’en décrypter le sens profond.

Le 06/06/2026 à 11h05

Voir des œuvres d’artistes marocains publiées en Une de références de la presse artistique internationale, la chose est suffisamment rare pour être remarquée quand elle se produit. La couverture dédiée par Télérama à M’barek Bouhchichi ne passe donc pas inaperçue. D’autant qu’elle est loin d’être anodine.

Accompagné du titre «Majestueux Maroc», un portrait issu d’une série réalisée directement sur des feuilles de caoutchouc illustre ainsi le guide culturel du Grand Paris dédié au festival de l’histoire de l’art qui se déroule du 5 au 7 juin à Fontainebleau et dont le Maroc est l’invité d’honneur. Une première pour un pays du continent africain.

Couverture du magazine Télérama (édition du 3 au 9 juin 2026) dédiée à une oeuvre de M'barek Bouhchichi: «M’soud I», 2025, technique mixte sur caoutchouc, 90 x 80 cm, par M'barek Bouhchichi. Courtesy de M’barek Bouhchichi et de L’Atelier 21/Casablanca

Le choix de M’barek Bouhchichi et de ce portrait en particulier fait donc sens, tant ce travail, présenté en 2025 dans le cadre de l’exposition «Ce que je suis, ce que nous sommes» à la galerie l’Atelier 21 à Casablanca, illustre une facette d’un Maroc souvent méconnu, rendant leur visibilité par la peinture à des corps porteurs d’histoires longtemps marginalisées. En l’occurrence, ceux des Marocains de peau noire, qui constituent en effet le corpus sur lequel repose l’œuvre de Bouhchichi.

Cette réflexion puissante sur les héritages culturels, les récits collectifs et la place du corps noir dans l’imaginaire social marocain est au coeur de la peinture de M’barek Bouhchichi. Aujourd’hui, son œuvre habite des collections de renom et les cimaises de certains des plus grands musées au monde. On la retrouve notamment au Musée national d’art moderne du Centre Georges Pompidou en France, au Musée d’art contemporain Helga de Alvear en Espagne, à la Fondation Calosa au Mexique, en passant par l’American Friends of the Arts in North Africa Foundation aux États-Unis, et la Fondation H à Madagascar. Sans oublier, au Maroc, sa présence incontournable au Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain et au Musée d’art contemporain Africain Al Maaden.

Son message, nécessaire, l’artiste le fera entendre aussi dans le cadre d’une table ronde dédiée à la relation culturelle renouvelée entre le Maroc et le continent, ce samedi 6 juin, à la chapelle de la Trinité du Château de Fontainebleau, en compagnie de la commissaire Meriem Berrada, du Musée d’art africain contemporain Al Maaden et d’Abdellah Karroum, directeur de l’Appartement 22. Le Maroc panafricain, les réseaux artistiques et les développements institutionnels, autant de thématiques dans lesquelles s’inscrivent naturellement la création récente du Musée d’art contemporain africain à Marrakech, ou encore l’ouverture prochaine du Musée du continent à Rabat et à travers lesquelles le Maroc réaffirme son identité africaine.

En consacrant sa couverture à l’œuvre de M’barek Bouhchichi, Télérama a vu juste. Car avec ce portrait, la publication choisit d’inscrire ce Maroc «Majestueux» dans son identité africaine, de donner ainsi de la visibilité aux facettes les moins connues d’un pays à l’histoire pourtant millénaire, riche d’un héritage culturel multiple et d’une histoire artistique que le festival de Fontainebleau s’emploie à explorer de la préhistoire à nos jours.

Par Zineb Ibnouzahir
Le 06/06/2026 à 11h05