«My Rock Stars»: Hassan Hajjaj investit la Philharmonie de Paris

L'exposition "My rock stars" se tient à la Cité de la musique à Paris.

L'exposition My rock stars se tient du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027 à la Cité de la musique à Paris.

Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027, le Musée de la musique, à Paris, consacre une exposition d’envergure à Hassan Hajjaj. Photographe, styliste et plasticien maroco-britannique, l’artiste y déploie son univers foisonnant, à la croisée de la photographie, de la mode, de la musique et des cultures populaires.

Le 11/09/2026 à 17h01

Intitulée My Rock Stars, cette exposition au format XXL réunit dans un même panthéon visuel Billie Eilish, Madonna, Rachid Taha, Lee «Scratch» Perry, Alicia Keys, Swizz Beatz ou encore le maâlem gnaoui Babohot, illustrant toute l’étendue des influences culturelles de l’artiste.

Surnommé «Andy Wahloo» par son ami Rachid Taha, en référence à Andy Warhol et au mot walou («rien»), Hassan Hajjaj construit une esthétique où se télescopent culture africaine de la récupération et culture pop du détournement des objets de consommation. Ses cadres empruntent aux éléments de l’architecture traditionnelle, moucharabiehs en tête, tandis que ses Rock Stars sont mises en scène selon un protocole minutieux: lunettes, chapeaux, chaussettes et vêtements sur mesure. Photographiées le plus souvent en lumière naturelle, ces séances prennent des airs de véritables performances, à la fois rituelles et festives.

Le parcours de l’exposition se prolonge jusque dans les collections permanentes du musée, où objets et œuvres de l’artiste dialoguent, avec une pointe d’irrévérence joyeuse, avec les instruments historiques qui y sont présentés.

Pour accompagner l’exposition, le Musée de la musique a confié une création originale à Acid Arab, groupe pionnier de l’électro orientale en France. Le collectif y mêlera rythmes ancestraux, pulsations techno, énergie punk, disco et rap, en hommage aux héritages musicaux d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Une manière de faire résonner en musique la même liberté de ton qui traverse l’œuvre de Hassan Hajjaj.

Placée sous le commissariat de Marion Challier et Inès Geoffroy, l’exposition s’inscrit dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026 et bénéficie du soutien de l’Institut français.

De Larache à Londres

Né à Larache, Hassan Hajjaj passe son adolescence dans le Londres des années 1980, traversé par le reggae, le dub et le hip-hop et porté par une énergie contestataire et multiculturelle. C’est dans cette culture du collage et du remix qu’il puise, en autodidacte, une manière libre d’aborder la mode, le design et la photographie. Comme les Maliens Malick Sidibé et Seydou Keïta avant lui, il photographie ses proches, parfois habillés par ses soins, devant des fonds saturés de couleurs et de motifs. À travers ses archives personnelles, l’exposition retrace ainsi un parcours diasporique où la musique s’impose comme langage commun, vecteur d’émotion et de lien.

Dès les années 1990, Hassan Hajjaj tisse un lien particulier avec la communauté gnaoua, dont il photographie les maîtres les plus anciens. Héritière de traditions africaines, arabes et amazighes, cette culture spirituelle et musicale, longtemps marginalisée, est aujourd’hui reconnue comme un symbole de diversité et de résistance culturelle au Maroc. Loin de toute vision folklorisante, Hajjaj en fait les icônes d’une véritable contre-culture, prolongeant dans son œuvre l’énergie puissante des maâlems.

Musée de la musique - Cité de la musique, Philharmonie de Paris.

Du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027.

Par Zineb Ibnouzahir
Le 11/09/2026 à 17h01