La brigade de la police judiciaire de la préfecture de Sidi Slimane a interpellé, à la fin de la semaine dernière, un individu accusé d’avoir séduit une collégienne mineure, de l’avoir attirée chez lui pour la filmer à moitié nue, puis de l’avoir soumise à un chantage financier.
Le suspect, indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 20 avril, est originaire de Kénitra. Il avait fait la connaissance de la jeune fille via les réseaux sociaux. Après avoir noué une relation virtuelle avec elle, il avait quitté la capitale du Gharb pour se rendre à Sidi Slimane, où ils s’étaient rencontrés. Une fois sur place, il avait réussi à convaincre la mineure de le suivre jusqu’à un domicile, où il l’avait filmée dans un état de semi-nudité, avec l’intention d’utiliser ces images pour la faire chanter en cas de rupture. Ce qui ne manqua pas d’arriver. Il commença à exiger de l’argent en menaçant de diffuser les vidéos.
«Acculée, la victime s’est résolue à alerter les services de police, leur fournissant des éléments accablants sur le calvaire qu’elle endurait», écrit Assabah. Les enquêteurs de la police judiciaire ont alors coordonné leurs actions avec la jeune fille, sous la supervision du parquet. Un piège a été tendu. Le suspect a été invité à récupérer la somme de 1.500 dirhams sur un lieu convenu. Dès son arrivée, les forces de l’ordre ont encerclé les lieux et l’ont interpellé sans difficulté, avant de le conduire au siège de la police judiciaire pour y être entendu dans le cadre d’un procès-verbal officiel.
Le parquet a ordonné son placement en garde à vue afin d’approfondir l’enquête sur les chefs d’accusation suivants: menace de divulgation d’éléments compromettants, prise de photos d’une personne sans son consentement, chantage, détournement d’une mineure et attentat à la pudeur. Il sera présenté, ce lundi, devant le parquet pour être interrogé sur les faits qui lui sont reprochés. «Confronté aux preuves, le mis en cause a fini par reconnaître les faits dans leur intégralité, tout en tentant de minimiser sa responsabilité en affirmant que la relation virtuelle avait été consentie par la victime», lit-on dans Assabah.
Par ailleurs, l’opération policière a failli être compromise par un individu se faisant passer pour un journaliste. Ce dernier avait filmé le suspect avant son interpellation par les enquêteurs et diffusé en direct la rencontre entre la mineure et son harceleur. Il avait même annoncé l’arrivée imminente de la police, révélant plusieurs détails qui auraient pu faire échouer l’intervention. Cette situation a soulevé de nombreuses interrogations quant à l’identité des personnes ayant pu lui fournir ces informations, lui permettant de filmer le piège avant l’arrivée des forces de l’ordre. L’incident a également suscité l’indignation d’acteurs associatifs, qui s’interrogent sur les complicités ayant permis à ce personnage de couvrir l’affaire avant même sa résolution, y compris en divulguant le montant de la somme saisie par la police judiciaire.




