Une affaire de spéculation foncière secoue les milieux de l’immobilier et de l’aménagement urbain à Agadir, impliquant des responsables publics au sein de la société d’aménagement Al Omrane, une entreprise appartenant à l’État. Les soupçons de conflit d’intérêt, d’enrichissement personnel et de rentes foncières portent sur la cession litigieuse d’une parcelle de terrain de 92 m² destinée à la construction résidentielle. Cette opération a été initialement conclue entre le directeur de la filiale locale d’Al Omrane à Agadir et la directrice régionale de l’Habitat, avant de connaître un rebondissement financier immédiat au profit d’un tiers, écrit le quotidien Assabah de ce mardi 1er septembre.
Selon des sources concordantes et des documents notariés officiels, 2 contrats ont été signés le même jour et à la même heure par le même notaire. Le 1er acte acte la vente du terrain par le responsable d’Al Omrane à la directrice régionale pour un montant de 466.000 dirhams. Le second contrat formalise la revente immédiate de cette même parcelle par la directrice à un autre acquéreur pour un montant grimpant à 720.000 dirhams. Cette manœuvre a permis à la responsable de réaliser un profit net dépassant 270.000 dirhams en l’espace de 50 minutes seulement, le secteur concerné connaissant une forte attractivité immobilière.
Les investigations sur le déroulement de cette transaction révèlent que la directrice n’a en réalité engagé aucun fonds personnel ni pris possession effective du bien. L’intégralité du montant financier a été apportée directement par le dernier acheteur, qui a assumé l’achat global tout en versant des sommes considérables à l’intermédiaire. Les documents contractuels ne mentionnent ni la nature précise de l’avance versée ni les conditions et délais réglementaires requis pour la finalisation de la transaction ou la résolution du contrat, s’écartant ainsi des procédures habituelles fixées par la société Al Omrane, souligne Assabah.
Cette méthode de cession remet directement en question le respect des cahiers des charges, qui contiennent habituellement des clauses restrictives visant à limiter la revente libre et à imposer des obligations de bâtir dans des délais stricts. Ces mécanismes sont théoriquement mis en place par l’État pour protéger le foncier public, contrer les spéculateurs et éviter que des biens censés profiter au développement urbain et aux véritables bénéficiaires ne soient détournés à des fins d’intermédiation lucrative.
L’affaire soulève une vague d’interrogations quant à la gestion du patrimoine immobilier de l’État et aux dérives liées à l’abus d’influence. À ce jour, aucune précision n’a été apportée sur d’éventuelles mesures disciplinaires ou enquêtes diligentées par le ministère de tutelle chargé de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, alors même que d’autres dossiers d’expropriation, de relogement et de cessions foncières litigieuses émergent dans la région, conclut Assabah.




