Les autorités espagnoles ont arrêté trois individus soupçonnés d’être les cerveaux du détournement d’un navire de pêche côtière dans le port d’Agadir, une embarcation ultérieurement utilisée pour une opération d’émigration clandestine. Cette interpellation, issue d’une coordination étroite entre les services de sécurité marocains et espagnols, concerne notamment le gardien du navire, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 6 juillet.
Les suspects ont été placés en garde à vue aux îles Canaries en attendant leur déferrement devant la justice, faisant suite à une plainte déposée par l’armateur du bateau. Par ailleurs, neuf autres passagers clandestins qui se trouvaient à bord ont été appréhendés dans l’attente de leur rapatriement vers le Maroc. Cet événement a déclenché un état d’alerte maximale à Agadir. La préfecture et plusieurs administrations locales ont multiplié les réunions d’urgence pour endiguer la recrudescence des vols de chalutiers au sein même de l’enceinte portuaire, un scénario qui se répète désormais pour la troisième fois. Pour y faire face, les autorités ont acté la création d’un comité mixte de vigilance et de suivi. Ce dispositif impose une surveillance continue des mouvements des navires de pêche dans le bassin et lors de leur avitaillement en carburant, tout en conditionnant chaque déplacement à l’obtention d’une autorisation préalable, lit-on dans Al Akhbar.
Le détournement s’est produit alors que le bâtiment était amarré, en phase de préparatifs pour rejoindre le port de Tan-Tan en vue de la reprise de la saison de pêche. Le navire a subitement disparu des radars dans des circonstances suspectes, les auteurs du vol ayant pris le soin d’éteindre les téléphones des gardiens pour couvrir leurs traces. Face au silence radio et à l’échec des tentatives de liaison, les autorités portuaires ont activement recherché le bâtiment. La confirmation de sa localisation est finalement venue des garde-côtes espagnols: le bateau s’est introduit dans les eaux territoriales des Canaries avant de subir une avarie technique en haute mer, à environ 70 milles marins de l’île de Lanzarote. L’équipage a émis un appel de détresse au milieu de la nuit alors que l’embarcation, qui transportait douze migrants, menaçait de sombrer. Le navire de sauvetage espagnol Salvamar Nair a pu sécuriser et remorquer le bâtiment vers la terre ferme malgré une météo défavorable.
Cette affaire relance inévitablement le débat sur les failles de sécurité et le manque de contrôle des accès au port d’Agadir, d’autant plus que la méthode interroge sur la facilité avec laquelle ces bateaux quittent les lieux sans surveillance. Le 17 juin de l’année précédente, un mécanicien était déjà parvenu à subtiliser un navire de pêche côtière, retrouvé quelques jours plus tard au port de Los Mármoles à Arrecife avec quatorze clandestins à bord. Plus récemment, le 9 septembre 2025, la disparition mystérieuse d’un sardinier depuis son bassin d’amarrage s’était elle aussi révélée être un détournement minutieusement planifié.




