Sebta. Jerando, Monjib et Cembrero: quand les As de désinformation propagent la photo d’un blessé gazaoui pour s’attaquer au Maroc

Yousef Al-Najjar, un jeune Palestinien blessé lors d’un bombardement israélien à Gaza. (PHOTOS: Amr Tabash)

Trois signatures, un seul mensonge, une photo volée à Gaza... Hicham Jerando et sa longue liste de procédures pour diffamation et extorsion, Maâti Monjib et son passif judiciaire pour fraude, Ignacio Cembrero et son passé de journaliste médiocre doublé d’une maladie chronique nommée Maroc, ont chacun contribué à faire passer Yousef Al-Najjar, jeune Palestinien blessé à Gaza, pour un migrant marocain agressé par les forces auxiliaires.

Le 04/08/2026 à 20h55

La ficelle était grosse. Elle a pourtant suffi, l’espace de quelques heures, à enflammer une partie des réseaux sociaux marocains et espagnols. Hicham Jerando et Maâti Monjib ont partagé une photo montrant un jeune homme grièvement blessé à l’épaule. Ils l’ont présentée comme celle d’un migrant marocain agressé à coups de pierre par un élément des forces auxiliaires. L’image n’a pourtant aucun rapport avec le Maroc. Elle montre Yousef Al-Najjar, un jeune palestinien blessé lors d’un bombardement israélien à Gaza.

Le journaliste gazaoui Amr Tabash a documenté sur Instagram l’ampleur de ses blessures. Yousef Al-Najjar souffrait d’une fracture comminutive de l’humérus et d’une fracture de l’omoplate. Une plaie ouverte s’étendait jusqu’à l’aisselle et au dos. Le jeune homme a été transféré vers un hôpital égyptien, où une intervention chirurgicale reconstructive a permis de sauver son bras et sa vie. Rien, dans ce parcours tragique, ne relie Youssef Al-Najjar au Maroc.

Le montage n’a pas circulé que sur les comptes de Hicham Jerando et Maâti Monjib. Le site espagnol El Confidencial a lui aussi repris le même cliché pour illustrer un article publié le 3 août 2026, sur «les forces paramilitaires déployées par le Maroc» qui «ont brutalement attaqué certains migrants à la frontière» (Sic). Cette légèreté n’étonne guère venant d’un média où sévit Ignacio Cembrero. Le «journaliste» espagnol couvre le Maghreb depuis des décennies et sa production sur le Maroc lui vaut des critiques récurrentes pour son parti pris. Son traitement du dossier marocain a déjà suscité de vives polémiques du temps de ses passages à El País puis à El Mundo, avant qu’il ne rejoigne El Confidencial, où il continue d’alimenter la rubrique Maghreb en récits à sens unique sur le Royaume.

Hicham Jerando n’en est pas à sa première manipulation. Petit commerçant qui traîne des casseroles dans la vraie vie, tribun anti-système sur la toile, il anime depuis Montréal la chaîne YouTube Tahadi, présentée comme un espace de dénonciation de la corruption au Maroc. Ses vidéos lui ont valu une condamnation pour diffamation à l’encontre d’un magistrat et d’un avocat marocains, assortie d’une amende de 10.000 dollars canadiens et d’un mois de prison. La police judiciaire marocaine le soupçonne par ailleurs d’extorsion et de chantage, avec l’aide de membres de sa propre famille. Le costume de lanceur d’alerte qu’il s’est taillé ne résiste guère à l’examen de son propre dossier judiciaire, des deux côtés de l’Atlantique.

Maâti Monjib traîne lui aussi un passif chargé. L’universitaire a déjà été poursuivi au Maroc pour blanchiment d’argent et fraude, une affaire liée à l’utilisation de fonds reçus d’organisations internationales. Il multiplie depuis des années les sorties hostiles envers les institutions du Royaume, sans que cela ne l’empêche de continuer à se poser en victime dès qu’une tribune s’offre à lui.

Par La Rédaction
Le 04/08/2026 à 20h55