Refus de visas Schengen: des associations appellent à indemniser les demandeurs lésés

Revue de presseLa multiplication des refus de délivrance de visas pour l’Europe a conduit des milliers de Marocains à se retrouver piégés dans une spirale de dépenses infructueuses, ce qui a incité des associations de défense des consommateurs à envisager d’avoir recours à la justice. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 02/06/2026 à 19h15

Les difficultés s’accumulent pour des milliers de Marocains désireux de se rendre en Europe et confrontés à une hausse flagrante du taux de rejet de leurs demandes de visas Schengen. Une situation qui se traduit chaque année «par des pertes financières monumentales, estimées à des millions de dirhams. Les demandeurs voient s’évaporer non seulement les frais demandés par les consulats en charge de l’octroi ou non d’un visa d’entrée, mais aussi des sommes considérables», indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 3 juin. Des sommes dépensées dans «des commissions d’intermédiation, les réservations de transport et d’hébergement, ainsi que dans la constitution de dossiers administratifs complexes, sans aucune possibilité de remboursement en cas de refus», explique le quotidien.

Pour une large catégorie de Marocains, la demande d’un visa Schengen relève d’un «parcours d’obstacles à la fois onéreux et incertain», écrit le quotidien, précisant que «les postulants sont contraints de s’acquitter des droits de visa et des frais de services auprès des centres de dépôt agréés, tout en fournissant des garanties d’hébergement, des assurances de voyage et une multitude de documents financiers et administratifs». Tout ce processus se déroule dans l’attente d’une décision discrétionnaire rendue par les consulats des pays de l’UE, décision «qui se solde fréquemment par un rejet privant définitivement les usagers de la majeure partie des fonds engagés», indique Al Ahdath Al Maghribia.

Selon des données d’associations de protection des consommateurs relayées par le quotidien, «les ressortissants marocains figurent parmi les nationalités les plus touchées par les refus de visa pour l’espace Schengen, notamment au regard du volume massif de dossiers soumis chaque année auprès des représentations diplomatiques du Royaume».

Selon Al Ahdath Al Maghribia, «la France et l’Espagne arrivent en tête des destinations les plus sollicitées par les citoyens marocains, mais elles enregistrent également la part la plus élevée de décisions négatives», une réalité qui «démultiplie le préjudice financier subi par la collectivité, sachant que les seuls frais de dossier, s’élevant à plus de 80 euros par personne, restent définitivement acquis aux consulats, même en cas de rejet». À ces frais, explique le quotidien, «s’ajoutent les coûts exorbitants liés aux agences de courtage privées, aux frais de traduction, de légalisation et aux billets d’avion ou nuits d’hôtel non modifiables qui s’avèrent perdus dans de nombreuses situations».

Pour justifier ces rejets systématiques, les consulats de l’UE invoquent généralement «l’insuffisance des ressources financières déclarées par les demandeurs», ou «le manque de garanties jugées convaincantes quant à leur retour effectif au Maroc après l’expiration du séjour». Des motivations liées à «la nature ou à la conformité des pièces fournies sont également évoquées», ajoute Al Ahdath Al Maghribia, précisant que, «toutefois, une grande partie des personnes lésées estiment que ces motifs manquent de transparence et de clarté, ce qui accentue leur sentiment d’injustice et d’impuissance face à des investissements financiers qu’ils considèrent comme spoliés».

Dans ce contexte «de grogne sociale généralisée, les appels émanant des organisations de défense des droits humains et des collectifs de la société civile se multiplient pour réclamer une révision urgente des procédures d’octroi des visas, en particulier celles touchant aux droits économiques des consommateurs face à des prestations payées d’avance», indique le quotidien, qui ajoute que «la Fédération marocaine des droits du consommateur a entamé des démarches visant à étudier la faisabilité d’actions en justice contre certaines plateformes de réservation et sociétés d’intermédiation». Pour Al Ahdath Al Maghribia, l’objectif de cette ONG est «d’exiger la restitution des frais annexes lorsque le service final n’a pas pu être rendu» et «d’inviter l’ensemble des Marocains touchés par ces pratiques à conserver rigoureusement l’ensemble de leurs documents, factures et justificatifs de paiement afin de pouvoir constituer des dossiers de réclamation officiels».

Par La Rédaction
Le 02/06/2026 à 19h15