Rabat: le pape Léon XIV nomme Mario León Dorado nouvel archevêque coadjuteur

le Père Mario León Dorado archevêque coadjuteur de Rabat. (PHOTO: réseaux sociaux)

Le pape Léon XIV a nommé samedi le père Mario León Dorado archevêque coadjuteur de Rabat, une fonction qui en fait le successeur désigné du cardinal Cristóbal López Romero. Ce dernier reste officiellement archevêque de la capitale marocaine, mais s’est mis en retrait de ses activités publiques et pastorales pendant l’enquête préliminaire ouverte par le Vatican à la suite d’accusations de violences sexuelles et de comportements inappropriés qu’il conteste.

Le 13/09/2026 à 07h16

Le communiqué du Saint-Siège ne fait aucune référence à cette enquête. Il se borne à annoncer la nomination de Mario León Dorado, jusque-là préfet apostolique du Sahara occidental et, depuis août, administrateur apostolique de Rabat. Le contexte donne cependant à cette décision une portée particulière pour un archidiocèse placé depuis plus de deux mois dans une situation inhabituelle.

Dans l’organisation de l’Église catholique, un archevêque coadjuteur est nommé pour seconder le titulaire d’un diocèse. Contrairement à un simple évêque auxiliaire, il dispose d’un droit automatique de succession: lorsque le siège devient vacant, à la suite d’une renonciation, d’un transfert ou d’un décès, il prend immédiatement la tête de l’archidiocèse. Cette nomination organise donc dès maintenant la future succession du cardinal López Romero, sans constituer en elle-même une décision sur les accusations qui le visent.

Âgé de 52 ans, Mario León Dorado est né le 16 mars 1974 à Madrid. Après des études d’informatique, il a obtenu une licence en théologie à la faculté San Dámaso. Membre des Oblats de Marie-Immaculée, il a prononcé ses premiers vœux en 1996 et a été ordonné prêtre en 2001. Envoyé en mission au Sahara occidental en 2004, il y a exercé comme administrateur apostolique de 2009 à 2013, puis comme préfet apostolique à partir de cette date. Son parcours l’a ainsi conduit à servir pendant plus de vingt ans dans la région.

Le 1er août, le Dicastère pour l’Évangélisation lui avait déjà confié l’administration apostolique de Rabat sede plena, c’est-à-dire alors que le siège demeurait juridiquement occupé. Il avait reçu l’ensemble des droits et facultés nécessaires pour assurer le fonctionnement quotidien de l’archidiocèse dans l’attente des conclusions de l’enquête.

Entre le 5 et le 7 août, deux représentants mandatés par le Vatican, Mgr Hyacinthe Dione et l’abbé Augustin Chako-Yodi, se sont rendus à Rabat. Ils ont entendu des membres des conseils pastoral et presbytéral, des femmes ayant porté des accusations contre le cardinal ainsi que d’autres personnes ayant souhaité témoigner. Leur mission portait également sur la gestion économique, pastorale et liturgique du diocèse.

L’affaire avait éclaté au début de juillet, après une enquête de l’AFP faisant état d’accusations formulées par au moins cinq femmes adultes. Nommé archevêque de Rabat en 2017 et créé cardinal en 2019, Cristóbal López Romero avait également figuré parmi les prélats présentés comme de possibles successeurs du pape François lors du conclave de 2025. Aucune plainte n’avait alors été déposée devant la justice marocaine, selon le parquet et la police. Le cardinal, âgé de 74 ans, avait déclaré n’avoir «commis ni agression ni violence ni harcèlement sexuel». Il avait néanmoins annoncé son retrait temporaire afin, disait-il, de ne pas entraver les investigations de l’Église.

Dans un communiqué diffusé samedi, Cristóbal López Romero a affirmé avoir envisagé dès la fin de 2024, avec le pape François, la nomination d’un coadjuteur, puis avoir renouvelé cette demande auprès de Léon XIV en octobre 2025. Il a indiqué être toujours «dans l’attente» d’une audition par le Dicastère pour l’Évangélisation, chargé du dossier.

Mario León Dorado a, de son côté, déclaré accueillir «avec joie» cette nouvelle responsabilité. Son passage du statut d’administrateur provisoire à celui de coadjuteur clarifie durablement la gouvernance de l’archidiocèse. Le cardinal López Romero demeure toutefois en fonctions tant que sa renonciation n’est pas acceptée ou qu’une autre décision canonique n’est pas prise. Il atteindra en mai 2027 l’âge de 75 ans, auquel les évêques sont tenus de présenter leur démission au pape, lequel reste libre de l’accepter immédiatement ou de la différer.

Par Le360 (avec Agences)
Le 13/09/2026 à 07h16