Une «profonde indignation»: c’est la réaction de la coordination des syndicats nationaux du transport routier de marchandises, suite à la décision des membres de la Chambre des conseillers de rejeter dans le même temps deux propositions de loi, l’une réglementant et plafonnant le prix des carburants, l’autre définissant les conditions de la reprise par l’État des actifs de la Samir, la société de raffinage pétrolier de Mohammedia. Selon Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 24 juin, ces décisions prises par des élus au Parlement s’inscrivent, de l’avis des représentants de l’intersyndicale, «en totale rupture avec les revendications pressantes des professionnels de cette activité, et ignorent les défis économiques et sociaux majeurs imposés par la flambée des tarifs de l’énergie».
Dans leur communiqué conjoint relayé par le quotidien, les organisations syndicales estiment que cette position des législateurs «traduit un alignement manifeste sur les intérêts des grands opérateurs du secteur des hydrocarbures, au détriment direct du pouvoir d’achat des citoyens et de la viabilité financière des transporteurs routiers» et indiquent «avoir suivi avec attention le déroulement de la séance législative plénière du 16 juin, à l’issue de laquelle les deux propositions ont été rejetées, un dénouement [qui] entraîne une forte déception parmi les professionnels, d’autant que les textes de loi en projet avaient auparavant reçu l’approbation des membres de la commission des finances, de la planification et du développement économique». Pour les instances syndicales, «ce rejet démontre la persistance d’orientations politiques qui relèguent la dimension sociale au second plan. Elles avertissent que les répercussions de cette décision pèseront lourdement sur les professionnels du transport de marchandises, qui subissent déjà depuis plusieurs années des pressions financières croissantes en raison de la hausse continue des prix du carburant».
Autre motif de la colère des syndicats: «le positionnement des composantes de la majorité gouvernementale», relaie Al Ahdath Al Maghribia, accusé de «privilégier les intérêts des compagnies pétrolières privées». Selon le communiqué conjoint, «cette fin de non-recevoir intervient dans un contexte national marqué par une multiplication des appels à l’action pour adopter des mesures concrètes, afin d’endiguer la hausse vertigineuse des coûts énergétiques et ses effets en chaîne sur les différents secteurs de l’économie».
À propos de la cession à l’État des actifs de la Samir, «un dossier hautement sensible», précise le quotidien, la coordination syndicale précise que «le renoncement à la récupération des actifs de la raffinerie prive le pays d’une infrastructure industrielle hautement stratégique». Sa réactivation aurait pourtant pu, de l’avis des membres de l’intersyndicale, «grandement contribuer à consolider la sécurité énergétique nationale, à constituer des stocks de réserve substantiels en produits pétroliers et à amortir les chocs liés à la volatilité et aux fluctuations des cours sur les marchés internationaux». Le communiqué conjoint relayé par Al Ahdath Al Maghribia en appelle donc à une «mobilisation générale et à une unification des rangs de tous les professionnels pour défendre leurs revendications», ses signataires annonçant «étudier toutes les formes de protestation envisageables, n’excluant pas le recours à une grève nationale dans un avenir proche si les autorités continuent d’ignorer les requêtes relatives au coût du carburant et à son impact sur l’activité du transport routier».




