Pots-de-vin pour un marché touristique

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Revue de presseKiosque 360. La société américaine PBSJ, représentée en 2009 par un Américain d’origine Qatarie, a essayé de corrompre des responsables marocains et qataris pour décrocher le marché du complexe touristique Houara à Tanger.

Le 27/01/2015 à 23h04

Il y a deux jours, un scandale révélé par une enquête de la Commission de sécurité des transactions financières aux Etats-Unis éclabousse le Maroc et le Qatar. Akhbar Al Yaoum, en bandeau sur sa Une du 28 janvier, souligne qu’une société américaine domiciliée en Floride et portant le nom de PBS&J a offert un pot-de-vin de 13 MDH à des responsables marocains et qataris pour remporter le marché d’un complexe touristique de la société qatarie Diyar à Tanger.

La voix d’Amérique

Le 21 janvier, une enquête diligentée au pays de l’Oncle Sam a révélé que la valeur du projet s’élève à 25 millions de dollars, soit 220 MDH. Tenant en 22 pages, le rapport des enquêteurs indique que Walid Hatoum (photo), représentant la société PBS&J, Américain d’origine qatarie, a essayé de corrompre et d’accorder des avantages à des responsables officiels marocains et qataris pour lui permettre de remporter des marchés immobiliers dans les deux pays.

Délit d’initié

L’histoire commence quand la société qatarie Diyar lance un appel d’offres pour la réalisation de son projet touristique à Tanger, écrit Akhbar Al Yaoum. Peu de temps après, le 7 août 2009, Walid Hatoum envoie un courrier comportant les qualifications de PBSJ à un responsable marocain et à la société Diyar. En octobre de la même année, le représentant de PBS&J propose de verser de l’argent à un responsable marocain qui serait son associé dans le projet. Hypothèse qui ne se vérifie nulle part. Hatoum propose au responsable marocain de prendre la valeur de 3% du projet en contrepartie de quelques menus services, soit 7 MDH, indique Akhbar Al Yaoum.

Fausse entente

En aparté avec ses collaborateurs à PBSJ, Hatoum leur propose de mettre cette dépense dans la rubrique «frais juridiques». Le responsable marocain, pour gagner sa gratification, donnait à Hatoum des informations confidentielles sur les offres des concurrents. Finalement, PBS&J remporte le marché. Fier de sa prouesse, le chef de la Division des opérations extérieures de la société explique que cette performance montre que la division a réussi deux tours de force successifs. Interrogé à ce propos, il commet une erreur en disant que la société a proposé des actions pour remporter ces marchés, écrit le quotidien.

Le retour de manivelle

Alertés par ces propos, les dirigeants de PBS&J s’en mêlent. C'est sans compter avec le commanditaire, qui informe en novembre 2009 la société américaine de la découverte de plusieurs dysfonctionnements, qui nécessitent la résiliation du marché. Hatoum ne baisse pas les bras pour autant. Il essaie de soudoyer un responsable de Diyar, mais ce-dernier refuse de traiter avec lui. Selon le rapport des enquêteurs américains, Diyar et PBS&J ont découvert le pot aux roses avant que les fonds ne soient versés.

Cette affaire de corruption vient nous rappeler que ce fléau a de multiples facettes. Il ne concerne pas seulement un corps de métier, un corps constitué ou une classe sociale, mais l’ensemble des sphères de la société. Si nous voulons attirer davantage d’investisseurs, nous avons intérêt à balayer notre seuil, sinon peu oseront le franchir.

Par Amine Haddadi
Le 27/01/2015 à 23h04