Plus de 5 millions de marocains dépressifs

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Revue de presseKiosque360. Près de la moitié des marocains, âgés de 15 ans et plus, souffrent de troubles psychiques, selon le ministère de la Santé.

Le 21/02/2014 à 21h47

Plus de 5 millions de marocains seraient dépressifs, du moins à en juger par les dernières statitiques du ministère de la Santé. Dans son édition du week-end, datée du samedi 22 février, Al Massae donne les principaux chiffres de cette enquête présentée récemment par le département de tutelle. On apprend ainsi que près de 49% des personnes âgés de 15 ans et plus ont connu des troubles psychiques dans leur vie. Toujours selon le département de la Santé, 3% sont de gros consommateurs de drogue. Toujours selon la même source, 83 structures médicales de base prodiguent des soins dans ce domaine, soit à peine 0,25% de l'ensemble des structures médicale de base, la moyenne mondiale étant de 0,61%. Quant à la capacité d'accueil des malades souffrant de dépression et de troubles psychiques, elle est évaluée à 30 unités, soit 2.043 lits. Information de taille: les régions Oued ed Dahab-Lagouira et Guélmim-Smara ne disposent pas d'offre de soins psyhologiques.

Problème de santé publique

Il semblerait donc que la dépression ne soit pas vraiment prise en charge lors même qu’il s’agit d’une véritable maladie qui peut mener jusqu’au suicide, par-delà les crises d’angoisse, les insomnies, le repli sur soi, les troubles obsessionnels compulsifs, la dégradation de l’image de soi, schizophrénie, délire, autant de troubles dont souffrent les personnes dépressives. Or, tout porte à croire, au vu des statistiques du ministère de la Santé, que nous soyons face à un véritable problème de santé publique manifestement encore occulté, lors même que les chiffres sont plus qu’inquiétants. "Les résultats de cette enquête montrent de manière très claire qu’il s’agit d’une pathologie touchant une large partie de la population, il est donc important et d’intérêt public de mettre en place les solutions adaptées au plus viteé, affirme en effet le Dr Mohamed Fouad Benchekroun, président de la société marocaine de psychiatrie.

Il est donc plus qu’urgent, aujourd’hui, de sensibiliser à ce mal qui prend de plus en plus d’ampleur au Maroc et d’informer sur les moyens de prise en charge, qui restent cependant à développer. C’est d’ailleurs ce que se propose de faire, le 11 mars, à Casablanca, la société marocaine de psychiatrie à travers une rencontre où sera abordée cette problématique. Une problématique d’autant plus importante à l’heure où des associations tentent d’alerter professionnels et société civile quant à la recrudescence du suicide chez les jeunes.

Par Le360
Le 21/02/2014 à 21h47