Le Parlement de l'Enfant, en avez-vous entendu parler ? Il existe bel et bien, et a été créé le 30 septembre 1990 à New York, lors du Sommet mondial de l’enfant organisé par l’Assemblée générale des Nations unies. Véritable école d’éducation à la citoyenneté, la mission de ce Parlement de la jeunesse et de l’enfance porte sur notamment la protection des droits des enfants et la participation des jeunes dans les prises de décision.
Au Maroc, la première session du Parlement de l’Enfant a eu lieu en 1999. Les membres de cette structure destinée à offrir aux enfants un espace d'expression et de dialogue sont sélectionnés parmi les élèves les plus méritants au vu des résultats scolaires, en tenant compte d’une bonne représentativité sur le plan régional et en termes de classes d’âge. Lors de ces réunions, les enfants débattent, entre autres, des problèmes liés à l’éducation, la santé, l’environnement, la maltraitance, à l’exploitation des enfants, au handicap… Cependant, si les sessions régionales semblent respecter un rythme plus soutenu, les sessions nationales restent rares -7 en 14 ans- et il est par ailleurs à regretter que bien peu d’informations soient communiquées à propos de leur déroulement.
Signes d'essoufflement...
Positivement marqués par leur participation aux premières sessions de ce Parlement et quelque peu déçus par les signes d’essoufflement qu’il montre depuis un certain temps, des jeunes prennent aujourd’hui la relève pour poursuivre l’action initiée dans ce cadre. Et il est donc surtout intéressant de constater à quel point les premiers membres du Parlement de l’Enfant restent pleinement impliqués et engagés, au point d’avoir fondé, en 2012, le "Club des anciens du Parlement de l’Enfant". Ce club regroupe environ 2.000 membres décidés à poursuivre le travail initié en apportant, explique Leïla Oudghiri, ancienne parlementaire, "quelque chose de nouveau, d’unique, en collaboration avec l’ONDE, le Congrès, le Parlement de l’Enfant, pour promouvoir les droits de l’enfant et la condition de l’enfance. On travaillera en effet avec des partenariats, les sociétés civiles, les ministères, tous ceux qui sont impliqués dans le domaine de l’enfance. Le plus important est d’agir rapidement, efficacement et, surtout, sur le terrain" (JT de Al Oula à l’occasion de la Journée internationale des enfants du 20 novembre 2012). Les dossiers les plus urgents restent ceux de la maltraitance de l’enfant, de la protection des mineurs, de la santé et, bien sûr, de l’éducation.
A propos de ce Club des anciens du Parlement de l'enfant (CAPE), Salma Bricha, ex-enfant parlementaire contactée par Le360, souligne que "dix ans plus tard et malgré des budgets conséquents, les résultats ne sont toujours pas à hauteur des espérances. Ce qui nous a menés à créer le CAPE, après le congrès national des droits de l’enfant à Skhirate, en mai 2012. Cette initiative vise à réunir les anciens du Parlement de l’Enfant et de construire, épaulés par parents, étudiants, ingénieurs, cadres, médecins, une véritable synergie pour demain, en étant absolument libres de tout lien à un quelconque parti politique, au nom de l’enfance et de la jeunesse".




