À chaque début d’été, la question des piqûres de scorpion ressurgit dans la province d’Ouezzane, ravivant un débat saisonnier. «La montée progressive du mercure, particulièrement sensible dans les contrées septentrionales du Royaume, s’est accompagnée ces dernières semaines d’une recrudescence des cas de morsures, touchant principalement les localités rurales de cette région», annonce Al Akhbar de ce vendredi 26 juin. Des incidents «d’autant plus préoccupants qu’ils surviennent dans un contexte sanitaire déjà fragile, où l’absence d’équipements élémentaires dans les centres de soins attise le mécontentement des populations», rappelle le quotidien.
Le malaise est en effet profond, affirme Al Akhbar: «plusieurs communes rurales, bien que liées par des accords de réhabilitation de leurs structures de santé, n’ont pas concrétisé ces engagements, privant ainsi les victimes potentielles d’une prise en charge médicale d’urgence pourtant vitale». À ce constat s’ajoutent, signale le quotidien, «les doléances réitérées des habitants, qui déplorent l’indisponibilité des ambulances et la paralysie fonctionnelle d’établissements hospitaliers, autrefois considérés comme leur ultime recours», en cas de piqûre.
Des ONG, dont des défenseurs des droits humains et des professionnels de la santé, reconnaissent que «la province d’Ouezzane souffre, depuis des années, d’une carence structurelle en matière d’offre de soins, tant dans ses infrastructures que du point de vue des ressources humaines», relaie Al Akhbar, qui précise que de nombreuses communes pâtissent d’un «manque de personnel médical et paramédical», ce qui contraint «les habitants à entreprendre de longs et périlleux déplacements vers les provinces voisines en cas d’urgence ou de maladie grave».
Les centres de santé de cette région, précise le quotidien, «lorsqu’ils sont encore opérationnels, fonctionnent dans des conditions précaires, et sont dépourvus des équipements les plus rudimentaires dont des sérums antivenimeux contre les scorpions ou les serpents, qui font défaut, ce qui met la vie des habitants en danger, en particulier dans les enclaves montagneuses et reculées, où chaque morsure peut virer au drame». Selon des sources concordantes, relayées par Al Akhbar, «malgré des plaintes récurrentes et des dossiers déposés par des ONG auprès des autorités compétentes, la province demeure systématiquement reléguée en marge des programmes de réhabilitation sanitaire, alors que les territoires limitrophes ont bénéficié d’une amélioration de leurs équipements».




