La ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, Naima Ibn Yahia, réitère l’engagement ferme du Maroc en faveur de l’autonomisation politique et économique des femmes, couplé au renforcement de leur protection sociale. Cet engagement se traduit par une progression de la représentativité féminine, qui s’établit désormais à 24,3% au Parlement et oscille entre 26 et 35% au sein des collectivités territoriales, a-t-elle précisé dans un entretien accordé à Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 9 mars.
Cette orientation stratégique est soutenue par des dispositifs concrets, tels que le programme Moucharaka, voué à la formation de 1440 femmes cadres, et par des réformes substantielles du Code de la famille, articulées autour des finalités de la charia et de la refonte de la justice. La ministre a également souligné l’opérationnalisation de la loi de lutte contre les violences, avec le déploiement de 107 établissements dédiés et la plateforme Aman Lak. Sur le front économique, le programme GISSR pour l’Autonomisation et le Leadership a déjà bénéficié à 17 000 femmes et permis de financer un millier de projets.
À propos de la participation politique des femmes, Naima Ibn Yahia rappelle que «le Royaume s’est doté d’un cadre politique et juridique résolument ouvert à l’égalité des sexes», relaie le quotidien, et attribue cette avancée à la volonté politique exprimée au plus haut niveau de l’État, soulignant «l’attention particulière que le Roi Mohammed VI accorde, depuis son accession au Trône, aux questions féminines», explique le quotidien. Le Souverain, a-t-elle indiqué, «aborde ces questions tant sous l’angle des droits et libertés que sous celui de leur corrélation avec le développement et les institutions, considérant que le progrès de la société est indissociable de la condition de la femme, composante fondamentale de ce développement».
Interrogée sur le chantier du Code de la famille, la ministre a précisé que «cette réforme majeure repose sur une architecture référentielle complexe et équilibrée, conjuguant la Constitution, la référence islamique et l’ijtihad (effort d’interprétation) institutionnel, tout en intégrant les spécificités nationales et les valeurs universelles issues des engagements internationaux du Maroc».
À propos de la problématique de la violence sous toutes ses formes, la ministre a évoqué une étude nationale dont les chiffres pour l’année 2019 restent alarmants. L’enquête révèle que 54,4% des femmes ont été victimes d’au moins une forme de violence, 32,8% d’entre elles ayant subi des violences multiples. La violence psychologique est la plus répandue (49%), suivie par la violence économique (16,7%), la violence physique (15,9%) et la violence sexuelle (14,3%).
Concernant le programme GISSR pour l’Autonomisation et le Leadership, Naima Ibn Yahia a détaillé ses objectifs: «renforcer l’employabilité des femmes, développer la culture entrepreneuriale, consolider leurs compétences en gestion de projet au niveau territorial, et améliorer les capacités de gestion et de commercialisation des porteuses de projets». En évoquant le travail des femmes, la ministre a adopté une vision élargie de la justice sociale, affirmant qu’elle «ne se limite pas au travail rémunéré, mais englobe également le travail domestique non rémunéré, un travail essentiel dont dépend la vie quotidienne des familles et de la société», relaie Al Ahdath Al Maghribia. Dès lors, a-t-elle ajouté, «les programmes d’autonomisation économique constituent l’une des approches fondamentales pour améliorer la situation des femmes et renforcer leur indépendance». Ces programmes ciblent en priorité les femmes en situation de vulnérabilité sociale et celles confrontées à des épreuves difficiles telles que le divorce ou la perte du soutien familial.







