Le secteur de la bijouterie casablancais est secoué par un scandale de fraude et de falsification de factures.
En effet, plusieurs clients ont découvert qu’un bijoutier installé à Sbata, relevant de la préfecture de Ben M’sik, leur aurait vendu des bijoux d’une valeur de 600.000 dirhams dont la teneur en or était falsifiée.
L’affaire a pris une autre dimension, rapporte Assabah dans son édition du week-end des 18 et 19 avril, lorsque «les acheteurs induits en erreur ont été surpris par la fermeture de la bijouterie en question». Ils ont appris plus tard que «le bijoutier n’était pas propriétaire du local et avait été averti d’évacuer les lieux». Selon les sources du quotidien, avant de mettre la clé sous le paillasson, il a arnaqué ses clients en leur vendant du plaqué or et de l’argent jaune, en leur faisant croire qu’il s’agissait d’or.
Deux plaintes ont été déposées contre ce bijoutier auprès des services sécuritaires compétents, indiquent les mêmes sources, et le nombre de victimes pourrait être plus grand, car la vérification de l’authenticité d’un bijou demande du temps et des techniques que d’aucuns ne maîtrisent pas. Ce scandale est à l’origine de l’éclatement d’un autre phénomène: la falsification des factures relatives aux transactions effectuées par plusieurs bijoutiers, commerçants et fabricants.
D’après les mêmes sources, des professionnels affirment que de nombreuses transactions s’effectuent au noir, faisant remarquer que «l’origine d’une grande quantité de l’or qui circule sur le marché serait indéterminée». Ils demandent aux autorités de s’assurer «si les factures présentées concernent effectivement des transactions liées à l’or ou si elles sont établies pour d’autres marchandises».
Dans ce sillage, de grands commerçants exploitent des artisans et les manipulent pour acheter de l’or brut en leur nom. Ces derniers se retrouvent responsables de transactions chiffrées à des millions de dirhams, alors qu’ils n’étaient que des intermédiaires.




