La Chambre criminelle chargée des crimes financiers près le tribunal de première instance de Fès a décidé, mercredi 3 juin, de plusieurs peines de prison avec sursis, ainsi que la confiscation des fonds et biens qui avaient été saisis en la possession de Abderrafii Zouiten, le directeur de la Fondation Esprit de Fès, notamment chargée de l’organisation du Festival de Fès des musiques sacrées du monde, dont l’édition de cette année 2026 débute ce jeudi 4 juin 2026.
Parmi les sept prévenus condamnés figurait Abderrafii Zouiten, ancien directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), relaie Al Akhbar de ce vendredi 5 juin. Le directeur du festival a écopé de deux ans d’emprisonnement avec sursis, ainsi que d’une amende de 100 000 dirhams. La Cour a en outre ordonné la confiscation de biens préalablement saisis, qui étaient en sa possession, au profit de l’État marocain: un ensemble de biens immobiliers, ainsi que des actifs, de même que des avoirs bancaires, entièrement reversés à la Trésorerie générale.
En 2023, la Chambre criminelle compétente en matière de délits financiers près la Cour d’appel avait déjà condamné les prévenus à un an de prison avec sursis pour «dilapidations» et «détournements» de fonds publics, ainsi que pour la «falsification de documents officiels», rappelle Al Akhbar. Cette affaire avait débuté à la suite des conclusions d’une enquête menée par la Brigade régionale de la police judiciaire, qui avait révélé une série d’anomalies financières dans la gestion budgétaire de la Fondation Esprit de Fès, qui, bénéficiant de soutiens publics, est en charge de l’organisation du prestigieux festival.
Le directeur de cette fondation, Abderrafii Zouiten, a été poursuivi en état de liberté après s’être acquitté du versement d’une caution de 600 000 dirhams, suite à une plainte qui avait été déposée par trois anciens membres de la fondation. Ceux-ci l’avaient accusé d’avoir utilisé les fonds de cette institution «pour affréter un avion privé à destination de Milan, en Italie, pour lui-même et sa fille, une prestation évaluée à 46 000 euros, une somme qu’il aurait restituée à la fondation en monnaie locale après avoir été dénoncé par ses pairs», rappelle Al Akhbar.
Par ailleurs, l’enquête a permis de révéler que «des procès-verbaux de l’assemblée générale et du conseil d’administration de la fondation, datés du 25 novembre 2015, avaient été falsifiés», indique le quotidien Al Akhbar, qui précise qu’«à la suite d’un rapport établi en 2016 par le contrôleur comptable, qui faisait état de nombreuses irrégularités dans les documents comptables de l’institution et d’un déficit injustifié excédant six millions de dirhams, le conseil d’administration a décidé d’engager une action en justice, afin de procéder à un audit approfondi du budget de la Fondation».




