L’UMT salue l’avis de la Cour internationale de Justice sur le droit de grève

La Cour internationale de justice.

L’Union marocaine du travail (UMT) a accueilli avec satisfaction l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye, qui a tranché un long débat juridique en confirmant que le droit de grève est implicitement garanti aux travailleurs et à leurs organisations syndicales.

Le 23/05/2026 à 16h34

Dans un communiqué, l’Union marocaine du travail, a qualifié l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) de «victoire historique pour le mouvement syndical international et pour la classe ouvrière à travers le monde, et pour les travailleurs marocains en particulier».

L’UMT a estimé que cette décision «constitue un nouveau standard international et un appui juridique et politique qui barre la route aux tentatives des employeurs et de certains gouvernements de saper le droit de grève ou de le contourner au moyen de législations nationales rétrogressives».

Adopté à la majorité de 10 juges sur 14, cet avis met fin à une confrontation prolongée au sein de l’Organisation internationale du travail (OIT) entre syndicats et organisations patronales.

Le président de la Cour, Yuji Iwasawa, a affirmé expressément que le droit de grève des travailleurs et de leurs syndicats est protégé par la Convention internationale n° 87 de 1948 relative à la liberté syndicale et à la protection du droit d’organisation. Les juges ont toutefois précisé que leur avis ne définit pas le contenu exact de ce droit ni les conditions de son exercice.

Lors des audiences tenues en octobre 2025, le représentant de la Confédération syndicale internationale, Harold Koh, avait averti les juges que l’exclusion du droit de grève de la Convention n° 87 aurait ouvert la voie aux entreprises et aux gouvernements pour démanteler les accords de travail et remettre en cause la légitimité de la contestation dans plusieurs pays, notamment ceux dotés de juridictions permissives et de sociétés civiles fragiles.

Fort de ces nouveaux éléments de droit international, l’UMT a renouvelé sa demande au gouvernement de «suspendre l’application de la loi organique 97.15 et de l’abroger, en conformité avec l’avis rendu par la Cour internationale de Justice en la matière». La centrale a jugé que les dispositions actuelles du texte «contiennent des conditions inapplicables et des clauses répressives et punitives qui contredisent l’essence même de ce droit universel», ce qui pourrait exposer le Maroc à des mises en cause sur le plan international quant au respect de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail.

L’UMT a conclu son communiqué en appelant la tutelle à «ouvrir de véritables négociations sérieuses aboutissant à la rédaction d’une nouvelle loi organique équilibrée, conforme à l’esprit de l’avis de la CIJ et en pleine cohérence avec les chartes et conventions internationales en vigueur».

Par La Rédaction
Le 23/05/2026 à 16h34