Justice: voici comment la Cour d’appel a réhabilité la fillette victime de viols collectifs à Tiflet

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Revue de presseDu nouveau dans l’affaire qui a défrayé la chronique ces dernières semaines au Maroc. Les violeurs de la mineure de Tiflet ont écopé, en appel, de peines allant de 10 à 20 ans selon la gravité des faits. Al Akhbar, d’où est tirée cette revue de presse, revient sur les péripéties de ce procès.

Le 14/04/2023 à 21h46

Tomber de rideau sur un procès qui a suscité une grande indignation au Maroc et bien au-delà. Aux premières heures du vendredi 14 avril, la chambre criminelle (deuxième degré) près la Cour d’appel de Rabat a condamné les trois violeurs de Sanae à 10 ans de prison ferme pour deux d’entre eux et 20 ans pour le troisième, celui dont des tests ADN ont révélé à 99,99% qu’il était le père d’un jeune garçon né de ces viols. Ces peines de prison ont été assorties de dommages et intérêts de 40.000 dirhams pour chacun des deux prévenus et de 60.000 dirhams pour le troisième.

Le procès a été très suivi par les médias nationaux et étrangers. La victime avait été auditionnée par la Cour lors d’une audience à huis clos, ainsi qu’une autre fillette en tant que témoin et qui était accompagnée par une assistante sociale. Les magistrats ont aussi écouté les trois accusés et le représentant du ministère public (Parquet). Ce dernier magistrat a estimé que la chambre criminelle, en première instance, avait rendu un juste verdict mais qu’elle n’avait pas raison en invoquant des circonstances atténuantes pour ne les condamner qu’à 18 mois pour deux accusés et deux ans de prison ferme pour le troisième. Il a demandé, à la fin de son réquisitoire, des peines sévères et conformes aux accusations retenues contre eux.

Al Akhbar affirme avoir été le premier journal à révéler cette affaire, il y a une année. En mars 2022 donc, Al Akhbar avait écrit que le douar de Sidi Abderrazzak dans la province de Khémisset, a été secoué par l’affaire du viol d’une mineure de 12 ans, viols suivis d’une grossesse.

À l’époque, la Gendarmerie royale avait arrêté les trois individus nés respectivement en 1987, en 1994 et en 2001. Aux enquêteurs, la victime a révélé que c’était l’individu né en 2001 qui l’avait déflorée alors que les autres attendaient chaque mercredi, jour du souk hebdomadaire, pour profiter de l’absence des parents de Sanae et la violer.

Al Akhbar affirme que toute l’affaire a éclaté au grand jour quand le père de la victime a remarqué la proéminence de son ventre: elle était alors enceinte de huit mois. Le reste de cette triste histoire est connu de tous grâce à une extraordinaire mobilisation d’acteurs de la société civile, de dizaines d’avocats et des médias.

Par Fatima Moho
Le 14/04/2023 à 21h46

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