Plusieurs quartiers populaires relevant de l’arrondissement «Les Mérinides» à Fès vivent au rythme d’une détérioration alarmante de la salubrité publique. Ces quartiers comprennent notamment Ben Debbab, Chara, El Karian et Jnan El Hraichi. La profusion de décharges sauvages et le manque de conteneurs dans certains points ont transformé les abords de nombreuses habitations et espaces publics en dépotoirs à ciel ouvert, dégageant des odeurs nauséabondes qui s’intensifient avec les fortes chaleurs estivales.
Une tournée sur le terrain dans plusieurs de ces quartiers donne à voir le spectacle récurrent d’amoncellements d’ordures jonchant le sol. Pendant ce temps, les riverains s’interrogent sur les retombées concrètes du nouveau contrat de gestion déléguée de la propreté urbaine sur le quotidien de ces zones qui continuent de souffrir de dysfonctionnements évidents, selon des acteurs locaux. Le montant de ce contrat s’élève à près de 210 millions de dirhams par an.
Selon l’acteur associatif Youssef Chakra, ces quartiers populaires figurent parmi les zones souffrant de marginalisation et d’exclusion en matière de développement, la dégradation de la salubrité n’étant qu’un des symptômes les plus marquants de cette situation. Il précise qu’un an et demi après le démarrage de la nouvelle société déléguée, les habitants n’ont constaté aucun changement tangible sur le terrain.
Dans une déclaration pour Le360, l’intervenant a souligné que le montant financier imposant de ce marché aurait dû se traduire par une nette amélioration de la qualité des services rendus aux citoyens. Il s’interroge ainsi sur la mise à disposition effective des moyens logistiques, des équipements et des technologies de suivi de la collecte annoncés lors de l’attribution du contrat.
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L’acteur associatif estime que la persistance de ce constat exige du conseil de la commune de Fès qu’il active pleinement son rôle de contrôle et de suivi. Il lui incombe de vérifier le respect par l’entreprise de ses engagements figurant dans le cahier des charges, en particulier pour ce qui est de la fourniture de bacs à ordures, de la régularité des ramassages et de la qualité globale des prestations.
Mohamed El Hachimi, un habitant du quartier, subit au quotidien les nuisances générées par un point noir de collecte sauvage situé devant son domicile, devenu au fil du temps un lieu de dépôt anarchique. «La situation devient particulièrement difficile avec les fortes chaleurs, qui accentuent les odeurs pestilentielles. C’est d’autant plus préoccupant que ce point se trouve à proximité d’une mosquée», témoigne-t-il.
El Hachimi n’exonère toutefois pas les riverains de leur part de responsabilité. Selon lui, les comportements inciviques de certains habitants contribuent à aggraver le phénomène. «Résorber ce problème passe aussi par un changement des habitudes et une prise de conscience collective quant au respect de l’espace public», insiste-t-il.
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Selon l’intervenant, la situation actuelle exige une révision de la gestion de plusieurs points de collecte. Il réclame la mise en place de conteneurs en nombre suffisant, la garantie d’un ramassage régulier, la fixation d’horaires précis pour la sortie des poubelles avec un engagement des habitants à les respecter, ainsi que le lancement de campagnes de communication et de sensibilisation pour ancrer des réflexes plus respectueux de l’environnement et du milieu urbain.
Cette situation pose également la question du rôle du Conseil communal de Fès, en sa qualité d’autorité délégante, dans le suivi et le contrôle de l’exécution du contrat de gestion déléguée. Il lui revient notamment de veiller au respect, par l’opérateur délégataire, des obligations fixées par le cahier des charges, qu’il s’agisse de la collecte des déchets, de la résorption des points noirs ou encore de la qualité et de la continuité du service. Un contrôle d’autant plus attendu que l’importance des moyens financiers mobilisés pour la propreté urbaine a renforcé les exigences des citoyens en matière de qualité du service public.
Entre les obligations de l’opérateur délégataire, le contrôle qui incombe à la commune et le civisme attendu des habitants, les responsabilités sont partagées. Mais sur le terrain, ce sont les riverains qui continuent de subir les dysfonctionnements du service. Leur résorption passe désormais par des mesures rapides et durables, à même de mettre fin aux dépôts anarchiques et de rétablir une qualité de service conforme aux engagements contractuels.




