Écoles d’excellence: un projet ambitieux miné par des dysfonctionnements structurels

Siège du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique à Rabat.

Siège du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique à Rabat. . CSEFRS

Revue de presseLe Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique dresse un bilan critique des écoles d’excellence, révélant de graves lacunes. Entre inégalités territoriales, manque d’encadrants et moyens insuffisants, ce projet pilote, pourtant crucial pour la réforme éducative, peine à concrétiser ses promesses. Cet article est tiré d’une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 01/04/2025 à 21h06

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a rendu public un rapport d’évaluation portant sur la phase expérimentale des écoles d’excellence. Initié par le ministère de l’Éducation nationale, ce projet s’inscrit dans le cadre de la feuille de route 2022-2026, rapporte Al Ahdath Al Maghribia du mardi 2 avril. Il vise des objectifs majeurs, notamment le renforcement de la qualité des apprentissages fondamentaux, la lutte contre la déscolarisation et l’épanouissement des élèves. Pour ce faire, le ministère a mobilisé d’importants moyens matériels et humains, déployant cette initiative aussi bien en milieu urbain que rural à travers des programmes spécifiques.

Cependant, le rapport du CSEFRS a mis en lumière plusieurs lacunes, qu’il a regroupées en trois axes principaux: les disparités spatiales entre zones rurales et urbaines, les défis liés à l’encadrement éducatif, marqué par une pénurie de personnel qualifié, et les insuffisances matérielles. Or, ces trois dimensions constituent précisément les piliers fondateurs de cette expérience pilote. Un tel constat amène de nombreux experts et observateurs du secteur éducatif à percevoir ce rapport comme un aveu extérieur des dysfonctionnements, voire d’un échec latent.

Les difficultés actuelles affectent l’ensemble des maillons du système, s’articulant autour de l’enseignant, de l’élève et de l’établissement. Si, sur le plan théorique, l’utilité de cette initiative ne fait guère débat, sa mise en œuvre opérationnelle révèle de multiples écueils susceptibles de compromettre son succès. En effet, dès son lancement, la formation et le perfectionnement des compétences pédagogiques des enseignants ont été entachés d’irrégularités. «Une évaluation rigoureuse s’impose donc, tant sur le volet de la formation que sur celui des infrastructures scolaires, particulièrement défaillantes en milieu rural», note Al Ahdath Al Maghribia.

Fait notable, le rapport omet d’aborder la dimension pédagogique, alors que les enseignants reçoivent parfois leurs supports de cours au dernier moment, les contraignant à une improvisation peu compatible avec les exigences du projet. Une telle situation laisse présager une crise systémique, révélatrice des profondes turbulences que traverse cette expérience. Au final, celle-ci semble enlisée dans des difficultés majeures, au point que son aboutissement et l’atteinte de ses objectifs initiaux apparaissent sérieusement menacés.

Par Hassan Benadad
Le 01/04/2025 à 21h06

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