Société

Don et transplantation d'organes au Maroc: encore du chemin à parcourir…

VidéoLe don d’organes demeure rare au Maroc. Des milliers de personnes nourrissent l'espoir de se faire transplanter un rein, un foie, un cœur… Pour beaucoup, c'est une question de vie ou de mort, au moment où le nombre de donneurs est loin de couvrir les besoins. Le point avec le Pr Amal Bourquia, néphrologue et présidente de l'association Reins.

Par Hajar Kharroubi et Adil Gadrouz
Le 15/10/2022 à 18h52
Pr Amal Bourquia - néphrologue et présidente de l'association Reins - don d'organes
Pr Amal Bourquia, néphrologue et présidente de l'association Reins. | Adil Gadrouz / Le360

C’est un constat alarmant: le don d'organes au Maroc reste à la traîne. Le chemin à parcourir avant d’obtenir une greffe est long, souvent ardu. Pour le Pr Amal Bourquia, néphrologue et présidente de l'association Reins, la situation pour la transplantation d’organes reste à un stade préliminaire.

«Très peu d’interventions sont réalisées depuis le démarrage de la transplantation d’organes au Maroc, en 1986. Pour le rein, par exemple, nous n’avons que 610 transplantations effectuées. La majorité, soit environ 540, à partir d’un sujet vivant. Le reste est à partir d’un sujet en état de mort encéphalique. Ce sont des chiffres dérisoires, comparativement aux pays développés et surtout par rapport à la demande», déplore cette praticienne, engagée depuis de nombreuses années dans le combat contre les maladies rénales

«Toujours pour le rein, nous avons environ 34.000 patients en hémodialyse, pour la plupart des jeunes et des enfants, qui sont actifs dans la société et qui aspirent à être greffés un jour pour soulager leurs souffrances, sans parler des personnes qui décèdent en attente d’être greffées», poursuit le Pr Amal Bourquia. 

Reins, l’association marocaine de lutte contre les maladies rénales, ne cesse de multiplier les démarches pour sensibiliser sur l’importance du don et de la transplantation d’organes. Elle travaille ainsi depuis sa création sur la sensibilisation et la prévention pour soulager le poids qui pèse sur les centres d’hémodialyse, ainsi que sur le passage de la dialyse à la transplantation.

La situation est sérieuse à plus d'un titre. Elle interpelle tout un chacun. Les candidats éventuels au don d’organes après la mort sont rares au Maroc, malgré les dispositions légales, déplore le Pr Amal Bourquia. «Nous plaidons pour le changement de la loi pour que les Marocains deviennent tous donneurs potentiels en dehors de ceux qui expriment leur refus. Cela pourrait aider à sauver les personnes en attente de greffe», explique-t-elle.

Selon les derniers chiffres disponibles, seules 1.100 personnes, dont plus de 700 à Casablanca, se sont inscrites aux registres de don d’organes après la mort, mis à la disposition des volontaires au niveau des différents tribunaux de première instance du Royaume.

Il est donc important de s’inscrire au registre du don. Pour cela, il faut se présenter au tribunal de première instance de la ville de résidence, muni de la carte d’identité, et s’adresser au responsable du registre du don, remplir le formulaire et signer le registre qui sera par la suite validé par le juge chargé de cette tâche.

Rappelons que depuis 2005, l'OMS a promulgué la Journée mondiale du don d'organes et de la greffe. Elle se tient chaque année le 17 octobre. A cette occasion, de nombreux moyens sont déployés pour sensibiliser et informer le public.

Par Hajar Kharroubi et Adil Gadrouz
Le 15/10/2022 à 18h52

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