Berrechid: le code de la route malmené par des triporteurs et des carrioles

Panneau de signalisation interdisant la circulation de charrettes à traction animale.

Panneau de signalisation interdisant la circulation de charrettes à traction animale. . Flanker

Revue de presseEntre prolifération incontrôlée des transports clandestins par triporteurs et non-exécution de l’arrêté municipal bannissant les attelages à traction animale, la ville de Berrechid fait face à une crise sécuritaire et urbaine majeure sur ses axes routiers. Alors que les accidents se multiplient et que la réglementation adoptée en 2023 tarde à être appliquée sur le terrain, les habitants et la société civile interpellent les autorités locales pour rétablir l’ordre, la fluidité et la sécurité au cœur de cette ville proche des plaines de la Chaouia. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 26/07/2026 à 18h14

Malgré la multiplication des opérations de sensibilisation et l’intensification apparente des efforts destinés à renforcer la sécurité routière, Berrechid demeure condamnée à une précarité alarmante en matière de transport. Les moyens de transport clandestin par des triporteurs ne cessent de s’accroître, atteignant leur paroxysme lors de la tenue du marché hebdomadaire du lundi, dit «Tnine Berrechid». Cette effervescence marchande transforme les axes de la capitale de la Chaouia en une arène à ciel ouvert où le respect du code de la route et les impératifs de protection des usagers sont totalement occultés, indique Al Akhbar de ce lundi 27 juillet.

L’indulgence constatée dans certaines pratiques informelles d’acheminement des citoyens, au moyen de ces engins à trois roues ou de charrettes tirées par des bêtes de trait, vient porter un coup de plus à l’état de cette agglomération. Une question se pose: celle du délicat point d’équilibre entre les libertés individuelles liées aux impératifs économiques de subsistance et l’obligation collective d’assurer la sécurité des usagers et des biens. Les réactions recueillies auprès de nombreux acteurs de la société civile font ce même constat: certaines opérations de contrôle manquent cruellement d’impact à long terme, faute de continuité et de fermeté dans leur application, laissant les triporteurs, détournés de leur usage initial de livraison de marchandises, continuer d’embarquer des passagers au mépris des règles de sécurité.

Sillonnant sans relâche les boulevards, un nombre considérable de ces engins se trouvent en outre dans un état d’usure mécanique particulièrement dégradé, transformant chaque trajet en une entreprise à haut risque tant pour les personnes transportées que pour les autres usagers de la voie publique. Devant cette recrudescence des risques d’accidents tragiques, plusieurs sources s’accordent sur la nécessité urgente de durcir les opérations de contrôle et de répression, écrit Al Akhbar.

Sur le plan institutionnel et réglementaire, les observateurs locaux et les habitants s’interrogent avec une insistance grandissante sur les raisons du blocage entourant l’application de l’arrêté municipal approuvé en mars 2023, visant à interdire la circulation des véhicules à traction animale dans les artères et quartiers de la ville. À ce jour, ces attelages circulent encore dans des boulevards centraux (Mohammed V, Hassan II, Moulay Ismail ou le Boulevard de l’Armée Royale), provoquant d’importants embouteillages aux heures de pointe et générant des dégâts matériels récurrents, leurs conducteurs prenant fréquemment la fuite sans laisser de traces.

Pourtant, ce texte réglementaire s’appuyait sur les délibérations de la session ordinaire de février 2023, durant laquelle le Conseil collectif de Berrechid avait voté à la majorité de ses membres une proposition de la commission de la circulation visant à mettre un terme définitif à ce désordre urbain. Ce plan prévoyait le déploiement d’une signalisation d’interdiction claire dans des zones stratégiques, ainsi que l’activation de sanctions pécuniaires et de procédures d’immobilisation administrative des véhicules en infraction. Aujourd’hui, la mise en application effective de ces mesures restrictives repose entièrement sur l’action des autorités sécuritaires et locales, désormais appelées à dépasser le stade de la tolérance pour rétablir la fluidité et la sécurité dans l’espace public.

Par La Rédaction
Le 26/07/2026 à 18h14