Omniprésentes sur les tables de Ramadan, les boissons gazeuses sont pourtant, selon les experts, les pires ennemies de notre santé métabolique. Rompre le jeûne par un tel apport de sucre et de gaz constitue une agression directe pour l’organisme après quinze heures d’abstinence.
«Il ne faut pas se mentir: les boissons gazeuses n’apportent absolument aucun bienfait à la santé. Ce ne sont que des sucres et des gaz», martèle le Dr Karim Ouali, spécialiste en micronutrition et en médecine intégrative. Au-delà des ballonnements immédiats, ces boissons provoquent une envolée glycémique sans jamais rassasier. Pour le spécialiste, seule l’eau est indispensable à la rupture du jeûne.
Le piège est identique pour ceux qui se tournent vers les jus de fruits, pensant faire un choix plus sain. «Dans un fruit entier, les fibres agissent comme un régulateur qui ralentit l’absorption du fructose par le foie. En pressant trois oranges pour remplir un seul verre, on supprime ces fibres et on ingère une dose massive de sucre», explique-t-il. Ce «bolus» de fructose sature le foie qui, incapable de tout traiter, transforme ce surplus en graisses stockées.
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Cette nécessité de consommer le fruit entier est d’ailleurs gravée dans l’anatomie humaine: notre capacité unique à effectuer une rotation complète du poignet est spécifiquement destinée à la cueillette. «La nature a prévu que le fruit soit cueilli, porté à la bouche et mastiqué avec ses fibres pour protéger notre métabolisme», précise le médecin. Boire ses calories plutôt que de les mâcher revient à court-circuiter ce rempart naturel.
La qualité de la digestion dépend aussi de la méthode d’ingestion. Accompagner son repas de liquides, même chauds comme le thé ou le café, est une habitude préjudiciable. En s’aidant de boissons pour faciliter le passage des aliments, le jeûneur réduit son temps de mastication. Cette lacune condamne l’estomac à un effort excessif, provoquant des troubles intestinaux et une mauvaise assimilation des nutriments.
Pour remédier aux inconforts digestifs et à la prise de poids saisonnière, le Dr Ouali prône la pleine conscience. Manger dans le calme, sans la distraction des écrans qui brouillent le signal de satiété, est essentiel. «Si je devais rédiger une ordonnance pour soigner les problèmes de côlon et de poids, j’y inscrirais simplement: mâchez longuement et mangez tranquillement», conclut-il.







