Elections: le ton monte entre majorité et opposition

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Revue de presseKiosque360. Sous la coupole, l’opposition et la majorité ne s’entendent plus au point que la première s’est retirée de la Commission de l’intérieur. Une médiation du ministère de l'Intérieur n’a pas réussi à désamorcer la situation.

Le 30/10/2014 à 07h03

Au menu de la conférence de presse, tenue mardi, par les dirigeants de l’opposition au siège du parti de l’Istiqlal, les détails de l'entrevue qu'ils ont eu avec Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, et avec Charki Draïss, secrétaire d’Etat. Les ténors de l’opposition ont exprimé, lors de cette rencontre, leur refus catégorique de cautionner la manière dont le gouvernement gère les prochaines élections, souligne Al Ittihad Al Ichtiraki, organe de l’USFP. Les leaders partisans s’étonnent que ce dossier ne soit plus géré de manière participative.

Logique numérique

«L’opposition n’accepte pas que le parti disposant de la majorité empiète sur son rôle constitutionnel», écrit le quotidien. Le journal révèle que l’opposition s’est retirée des travaux de la Commission de l’Intérieur. Lors de la conférence organisée au siège de l’Istiqlal, Driss Lachgar a fustigé la logique numérique et d’exclusion du gouvernement, qui n’assure aucune condition pour un véritable dialogue. L’opposition a motivé son retrait de la commission par la «saisie de son droit de légiférer».

Assabah, de son côté, indique que la réunion au ministère de l’Intérieur a duré trois heures et n’a pas apporté de réponses aux revendications exprimées par l’opposition. Une source partisane citée par le quotidien affirme que les réponses de Mohamed Hassad n’ont pas été convaincantes, et qu’il n’a pas la capacité de prendre quelque décision que ce soit sans en référer à la majorité. Assabah ajoute que les dirigeants étaient accompagnés des présidents des conseils nationaux de leurs formations.

Ilyas El Omari, président du conseil du PAM, a vivement critiqué le projet de loi présenté par l’Exécutif, qu’il a taxé de «déguenillé». El Omari s’est d'ailleurs interrogé sur la question de savoir comment les ministres ont pu valider ce texte qui leur a été soumis en Conseil de gouvernement, avec toutes les «malformations» qu’il comporte. Assabah revient aussi sur la rencontre avec la presse pour reprendre les propos de Hamid Chabat. Ce dernier a accusé le ministère de la Justice, dirigé par Mustapha Ramid, de «jouer un dangereux rôle dans les prochaines élections». Il a dénoncé la mise en examen de quelques présidents de communes sur la base de dossiers «vides» pour détourner l’attention des grandes affaires de corruption. Au terme de la rencontre, le ministre de l’Intérieur a promis d’étudier les revendications de la majorité, souligne de son côté le quotidien Annass.

Menace de boycott

Al Ahdath estime que le ministre a remis les choses dans leur contexte en indiquant que le litige était avant tout parlementaire et que l’Exécutif n’était pas partie prenante dans ce différend. Le journal indique que les partis d’opposition ont menacé de boycotter le prochain scrutin "si les conditions essentielles de succès de cette opération n’étaient pas garanties". De même, ils ont appelé à la création d’une instance indépendante de supervision des élections, une ancienne revendication du PJD. Mohamed Hassad a rétorqué que le boycott allait frapper de plein fouet le processus démocratique bâti par le Maroc.

Al Massae, en Une, soutient que Mohamed Hassad a promis de donner une réponse à l’opposition dans deux jours, le temps de consulter la majorité. Selon une source citée par le quotidien Al Akhbar, Abdelilah Benkirane refuse de discuter avec l’opposition à cause de Chabat, une attitude vivement dénoncée par les leaders des autres partis. A première vue, la tension monte à la fois sur le plan social et politique. Une tendance qui contraste beaucoup avec les orientations données par le Souverain quant à la pratique politique.

Par Amine Haddadi
Le 30/10/2014 à 07h03