Plusieurs députés ont vivement critiqué le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Berrada, lors de la dernière séance des questions orales à la Chambre des représentants. Ils ont révélé des scandales de corruption présumés liés aux marchés publics et à la construction des terrains de proximité, exigeant l’ouverture d’une enquête judiciaire urgente, indique le quotidien Assabah de ce mercredi 13 mai. Lors de cette séance, les élus de la Nation ont dénoncé «des irrégularités graves dans la gestion du programme, un projet phare du ministère visant à construire près de 700 infrastructures sportives à travers le pays». Ils ont mis en cause certaines entreprises, bureaux d’études et responsables dans la dilapidation des fonds publics et l’échec de plusieurs projets, certains lancés il y a des années sans jamais aboutir.
Les députés, issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, ont souligné que de nombreux projets n’avaient pas atteint leurs objectifs, en raison de dysfonctionnements dans leur planification, leur suivi ou leur exécution. Pourtant, le gouvernement présente ce programme comme l’un des plus grands chantiers sportifs destinés à la jeunesse, tant en milieu urbain que rural, lit-on dans Assabah. Les parlementaires ont révélé que les zones rurales et reculées, pourtant en grande demande de telles infrastructures, restaient largement privées de ces équipements. À l’inverse, certaines régions en bénéficient de manière récurrente, un phénomène qui, selon eux, relève d’une instrumentalisation à des fins électorales.
Cette situation va à l’encontre du principe d’égalité des chances et prive les enfants des zones défavorisées, notamment dans les douars, de la possibilité de pratiquer une activité sportive. Un député a dénoncé l’influence des calculs politiques dans la priorisation des projets, remettant en cause l’équité territoriale. Un autre a quant à lui révélé que plusieurs stades de proximité souffraient de graves défauts techniques. Certains se sont même effondrés ou ont été endommagés peu après leur livraison, en raison de vents violents, alors que ces infrastructures, censées être modernes, auraient dû résister à des conditions climatiques normales.
Les députés ont également critiqué l’absence de suivi technique rigoureux par les autorités compétentes, ce qui a conduit à la dilapidation de fonds publics importants sans garantir la qualité attendue. Plusieurs parlementaires ont accusé les responsables de gaspillage dans la construction de ces stades, exigeant un audit approfondi des marchés et de leur exécution. Les plaintes des populations locales, qui dénoncent la fragilité des infrastructures et leur non-conformité aux normes, se multiplient. Le ministère avait alloué un budget dépassant 500 millions de dirhams pour la réalisation et la réhabilitation de ces équipements sportifs. Le programme prévoit la construction de 731 stades cette année, contre un objectif initial de 500. Si une grande partie des travaux a démarré l’année dernière, le reste devrait être achevé progressivement dans les mois à venir.




