L’Iran a aussi réaffirmé sa volonté de négocier, alors que le monde espère la prolongation du cessez-le-feu de deux semaines en vigueur depuis le 8 avril, et la sortie d’une guerre qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, tout en secouant l’économie mondiale.
«Nous sommes optimistes quant à la perspective d’un accord», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, tandis que le Pakistan poursuit ses efforts de médiation après l’échec d’une première session de discussions à Islamabad.
L’influent chef de l’armée pakistanaise Asim Munir a rencontré mercredi en Iran le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
Et le Premier ministre pakistanais, Muhammad Shehbaz Sharif, a rendu compte des efforts de son pays lors d’une rencontre avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’une tournée qui doit également le mener au Qatar et en Turquie, a annoncé son cabinet jeudi.
Prime Minister Muhammad Shehbaz Sharif meets Crown Prince and Prime Minister of Kingdom of Saudi Arabia, Prince Mohammed bin Salman bin Abdulaziz Al-Saud in Jeddah. pic.twitter.com/dfgfvJj9rd
— Ministry of Information & Broadcasting (@MoIB_Official) April 15, 2026
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a confirmé que «plusieurs messages avaient été échangés via le Pakistan» depuis trois jours.
Il a toutefois campé sur une exigence iranienne majeure: le droit du pays à un programme nucléaire civil, ouvrant seulement la porte à des débats sur «le niveau et le type d’enrichissement» d’uranium.
Mais près de sept semaines après le déclenchement de la guerre, les objectifs d’Israël et des Etats-Unis restent «identiques», a assuré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, citant notamment «l’abandon de la capacité d’enrichissement à l’intérieur de l’Iran».
Double blocus maritime
Sur le terrain, Téhéran verrouille toujours le détroit d’Ormuz et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.
L’armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens. Selon Washington, «90%» de l’économie iranienne dépend du commerce maritime.
Washington a également dit renforcer ses sanctions contre le secteur pétrolier iranien.
En réponse, le chef de l’armée iranienne, Ali Abdollahi, a agité le spectre d’un blocage de la mer Rouge, en plus de celui du détroit d’Ormuz. Mohsen Rezaei, conseiller du guide suprême iranien, a en outre menacé de couler les navires américains s’ils tentaient de faire la «police» dans le détroit.
🔴 Un nouveau levier de pression ? L'Iran menace de perturber la navigation du détroit de Bab el-Mandeb, dans le golfe d'Aden. Ce passage stratégique relie l'Asie à la mer Rouge et au canal de Suez. #canal16 pic.twitter.com/sAJFQtKGni
— franceinfo (@franceinfo) April 15, 2026
Mercredi, les ministres des Finances de onze pays, dont le Royaume-Uni, le Japon et l’Australie, avaient appelé «à une résolution négociée» du conflit, évoquant les menaces «sur la sécurité énergétique mondiale, les chaînes d’approvisionnement, ainsi que la stabilité économique et financière».
Les cours du pétrole étaient toutefois stables jeudi matin en Asie et le Bourses dans le vert après qu’à Wall Street le S&P 500 et le Nasdaq ont atteint mercredi de nouveaux records, les investisseurs misant sur une poursuite des négociations.
Discussions libano-israéliennes
Au Liban, les hostilités avec le Hezbollah pro-iranien se poursuivent malgré des discussions mardi entre les ambassadeurs des deux pays aux Etats-Unis en vue de négociations directes.
La formation pro-iranienne a revendiqué jeudi de nouvelles attaques contre des positions militaires dans le nord d’Israël, après que l’armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 200 cibles du mouvement chiite en 24 heures.
«Le démantèlement du Hezbollah» est le premier but des négociations entre Israël et le Liban, a réaffirmé mercredi M. Netanyahu.
Donald Trump, qui a dit qu’il jugerait «bienvenue la fin des hostilités» au Liban, a assuré tard mercredi que les dirigeants des deux pays se parleraient jeudi, une première depuis «environ 34 ans».
«On essaie de créer un peu de répit entre Israël et le Liban», a déclaré le président américain sur Truth Social, sans toutefois préciser de quels dirigeants il s’agira.
Depuis début mars, les frappes israéliennes sur le pays ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.




