Au moins une vingtaine d’explosions ont eu lieu, selon ces journalistes, précédées d’une alerte lancée par l’armée de l’air ukrainienne, qui a averti que des missiles balistiques russes se dirigeaient vers la ville.
«La capitale est attaquée par des missiles balistiques. Restez dans les abris!», a écrit sur Telegram le maire de Kiev, Vitali Klitschko.
Cette nouvelle attaque est survenue au moment même où, aux États-Unis, le président ukrainien Volodymyr Zelensky rencontrait des membres du Congrès américain pour leur demander de renforcer les sanctions contre Moscou.
«Une fois de plus, les principales cibles de leur attaque ont été Kiev et les infrastructures civiles, des immeubles d’habitation, une maternité, des installations énergétiques et des infrastructures logistiques. On sait déjà que deux personnes ont été tuées», a déploré M. Zelensky sur Telegram, faisant également état de plusieurs blessés et de personnes coincées sous les décombres d’immeubles touchés.
Les autorités d’Odessa, dans le sud du pays, ont également fait état de frappes russes contre cette grande ville portuaire de la mer Noire.
Mercredi, une série de bombardements russes avait déjà fait au moins sept morts en Ukraine, dont deux à Kiev.
La capitale ukrainienne, qui compte environ 3 millions d’habitants, est depuis plusieurs jours la cible d’attaques particulièrement intenses, dans un contexte de nette intensification des frappes à longue portée des deux côtés du front.
«Chaque attaque de ce type a lieu parce que la pression exercée sur l’agresseur n’est toujours pas totale, et la Russie croit qu’elle peut prolonger sa terreur balistique», a poursuivi M. Zelensky, réclamant un durcissement des sanctions contre la Russie et l’envoi d’intercepteurs de missiles en Ukraine.
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«Nous n’allons pas faire de pause dans notre opération militaire spéciale», expression utilisée par Moscou pour qualifier le conflit, a averti de son côté le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, mercredi devant le Conseil de sécurité de l’ONU. «L’Europe veut une pause pour l’utiliser afin d’approvisionner l’Ukraine en armes», a-t-il affirmé.
«Patient zéro»
L’Ukraine a, elle aussi, intensifié ses frappes en Russie, visant à plusieurs reprises ces derniers mois des raffineries et des dépôts de pétrole, ainsi que des entrepôts des géants du commerce en ligne Wildberries et Ozon.
La veille, M. Zelensky s’était dit «prêt» à un moratoire sur les frappes contre les sites énergétiques si Moscou faisait de même, alors que son homologue américain Donald Trump lui a reproché ces dernières semaines d’aggraver la pénurie mondiale de gazole en visant les raffineries russes.
Plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion de son pays, M. Zelensky a dénoncé mercredi, à la tribune de l’ONU, la «folie» meurtrière du président russe Vladimir Poutine, exhortant ses alliés à maintenir les sanctions contre Moscou.
«Il est le patient zéro, celui à partir duquel cette idée de guerre ne cesse de se propager», a-t-il lancé. «Y a-t-il encore quelqu’un pour penser qu’il est raisonnable et modéré?»
Face à cet engrenage, «notre cible, c’est la capacité de la Russie à financer cette guerre, à la prolonger, à la rendre plus brutale et plus destructrice», a-t-il souligné.
Les attaques russes ciblent des entrepôts, des navires, des usines et des stations-service, et ont en grande partie mis à l’arrêt le secteur métallurgique ukrainien ainsi que ses exportations agricoles, infligeant d’importantes pertes économiques au moment où Kiev doit faire face à un déficit budgétaire qualifié d’«astronomique» par M. Zelensky.



