Interdiction du "burkini" en France: des associations saisissent la justice

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Plusieurs associations ont saisi la justice afin de contester un arrêté pris par le maire de Cannes, David Lisnard, interdisant la baignade aux femmes portant le "burkini".

Le 16/08/2016 à 15h32

Le Conseil contre l'islamophobie en France (CCIF), la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et la Fédération des musulmans du sud (FMS) considèrent dans un communiqué publié ce mardi, que cet arrêté cible en fait toutes les femmes portant un foulard, soulignant que la mairie de Cannes se trouve légitimée dans ses positions d'"un autre temps", par une juridiction locale.

Pour le CCIF, cet arrêté porte préjudice aux libertés individuelles, en venant les restreindre sans motif valable.

Il est également discriminatoire, puisqu'il vise spécifiquement les femmes musulmanes, les désignant pour cibles et les amalgamant avec des groupes terroristes, sous couvert d'une laïcité dévoyée, a fait valoir l'avocat du Conseil.

"Le juge qui a statué a refusé notre requête, en contestant son caractère d'urgence et en soutenant la position du maire", déplore le CCIF, rappelant que ce magistrat avait pris une décision similaire en 2013, lors d'une affaire d'accompagnement des sorties scolaires par des mamans portant un foulard, avant d'être contredit par les juridictions supérieures, qui ont rétabli le droit.

"C'est donc une posture personnelle et politique qui est ici à l'oeuvre, légitimant l'exclusion de femmes qui ne souhaitent que profiter des plages et autres équipements publics mis à la disposition de tout le monde", affirme le Conseil, notant que cet arrêté sert désormais de modèle d'exclusion pour d'autres municipalités du littoral méditerranéen, trouvant l'opportunité d'exprimer leur rejet et de satisfaire les groupes les plus racistes.

Les trois associations signataires de ce communiqué ont annoncé leur intention de porter cette affaire devant le conseil d'Etat dans les jours qui viennent, afin de réaffirmer la nécessité de protéger les libertés les plus fondamentales et de ne pas basculer dans une situation où le champ politique dicterait instantanément à la justice les contours du droit.

Le 16/08/2016 à 15h32