Accrochage en mer de Chine méridionale: Pékin convoque l’ambassadeur des Philippines

Cette image tirée d'une vidéo diffusée le 30 avril 2024 par les garde-côtes philippins montre le navire des garde-côtes philippins BRP Bagacay touché par des canons à eau provenant de navires de garde-côtes chinois près du banc de Scarborough, dans les eaux contestées de la mer de Chine méridionale. AFP or licensors

La Chine a convoqué mardi l’ambassadeur des Philippines suite à l’accrochage survenu la veille près d’un îlot disputé en mer de Chine méridionale, dernier épisode en date d’un différend maritime ancien entre les deux voisins.

Le 21/07/2026 à 07h24

Au nom de raisons historiques, la Chine revendique la quasi-totalité des îlots de cette vaste étendue maritime, cruciale pour le commerce mondial. Ces prétentions se heurtent à celles d’autres pays riverains - notamment des Philippines et du Vietnam.

Ce nouvel incident s’est déroulé lundi près du récif Second Thomas, dans l’archipel des Spratleys. Des soldats philippins y sont stationnés sur un navire qui a été volontairement échoué par Manille en 1999 pour affirmer sa souveraineté.

L’armée philippine accuse les garde-côtes chinois d’avoir blessé un marin philippin à proximité du récif. Les garde-côtes chinois ont qualifié la version présentée par les Philippines de «complète inversion de la vérité».

Ces derniers ont publié une vidéo qui montrent selon eux du personnel philippin s’approchant à vive allure dans un canot pneumatique et tentant de frapper des garde-côtes chinois avec ce qui ressemble à des rames.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué mardi dans un communiqué avoir convoqué «d’urgence» l’ambassadeur des Philippines «pour lui adresser des protestations solennelles».

Il affirme que les Philippins à bord des canots pneumatiques «se sont approchés et ont percuté de manière dangereuse le navire des garde-côtes chinois» et les ont «délibérément harcelés et attaqués», qualifiant ces actions de «méprisables».

«C’est la partie philippine qui a provoqué en premier, mais elle s’est ensuite posée en victime, a déformé les faits et fait un battage médiatique malveillant sur cette affaire. La Chine exprime son vif mécontentement et a adressé une protestation solennelle à ce sujet», a indiqué le ministère.

«Déstabilisante»

Alliés des Philippines, les Etats‑Unis ont dénoncé, par la voix du département d’Etat, les «actions dangereuses et agressives» attribuées à la Chine.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a pour sa part jugé l’attitude de Pékin «dangereuse et déstabilisante».

Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a atterri mardi matin à Manille dans le cadre d’une réunion de ses homologues de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), qui regroupe 11 pays de la région.

Son entourage n’a pas confirmé publiquement une réunion avec son homologue chinois, Wang Yi, qui sera également présent mercredi et jeudi à Manille, mais M. Rubio a dit être ouvert à la possibilité d’une telle rencontre.

Dans une tribune publiée dans la presse philippine, le secrétaire d’Etat évoque l’engagement américain «en faveur de la liberté de navigation en Asie du Sud-Est» et réaffirme le parapluie défensif des Etats-Unis dans la région.

«Cette liberté n’est en aucun cas garantie. Si ces eaux tombaient sous le contrôle d’une puissance disposée à utiliser le commerce comme une arme géopolitique, tant les Etats-Unis que les Etats de l’Asean seraient confrontés à de nouvelles menaces graves pour leur souveraineté, leur sécurité et leur avenir économique», a-t-il écrit dans une claire allusion à la Chine.

Marco Rubio effectue sa première visite en tant que secrétaire d’Etat aux Philippines, où il entend réaffirmer le partenariat renforcé des Etats-Unis.

Par Le360 (avec AFP)
Le 21/07/2026 à 07h24