Fatima Zahra Rajmi, journaliste à Chouf TV, raconte son agression à Bouskoura

Capture d'écran de l'agression de la journaliste Fatima Zahra Rajmi.

Fatima Zahra Rajmi, journaliste à Chouf TV, a été agressée physiquement et verbalement alors qu’elle effectuait hier, mardi 9 juin à Bouskoura, un reportage sur des soupçons d’infractions urbanistiques imputées au promoteur immobilier Al Khayma. Les faits ont suscité un large mouvement de solidarité dans la profession et sur les réseaux sociaux.

Le 10/06/2026 à 12h38

Les images documentant son agression ont fait le tour des réseaux sociaux. Fatima Zahra Rajmi, l’un des visages de Chouf TV, raconte qu’«elle s’était rendue sur place en équipe, accompagnée de son collègue Saïd et d’un collaborateur, pour vérifier plusieurs signalements de citoyens».

Parmi les faits dénoncés figurait notamment une «manipulation foncière portant sur un espace initialement destiné à la construction d’une école, que le promoteur Al Khayma aurait converti en club sportif de football», précise-t-elle.

Sur place, l’équipe a recueilli des témoignages d’habitants. «Ils nous ont fourni de nombreuses informations, mais nous avons remarqué qu’il y avait des coups de fil», se souvient Fatima Zahra Rajmi, signalant qu’une femme et son père l’avaient mise en garde contre «un individu qu’ils décrivaient comme dangereux».

Peu après, un homme s’est présenté sans décliner son identité. «Il nous a attaqués et s’en est pris verbalement à nous et à nos familles, cherchant visiblement à provoquer une réaction de mes collègues, qui ont gardé leur calme», précise-t-elle.

La présence d’un agent d’autorité sur place a permis d’éviter une escalade. D’autres individus se sont ensuite approchés de façon menaçante, mais les forces de l’ordre ont maintenu le périmètre. L’agresseur s’est ensuite blessé volontairement. «Tout le monde a vu son acte», insiste la journaliste. Il a été pris en charge par les autorités. Un certificat médical a été demandé à la journaliste.

«Personne n’est au-dessus de la loi»

«Je suis encore sous le choc. Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. C’est inadmissible», confie Fatima Zahra Rajmi. La journaliste dénonce une tentative d’intimidation organisée, rappelant que «la liberté de la presse est garantie par la loi, que les temps sont révolus et que personne n’est au-dessus de la loi». Elle dit avoir porté les faits à la connaissance des autorités compétentes. Le dossier suivra son cours judiciaire.

Par La Rédaction
Le 10/06/2026 à 12h38