À Laâyoune, les signes de transformation sont visibles à chaque coin de rue. Depuis la visite royale de 2015, plusieurs projets structurants ont été lancés dans le cadre du nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Ces initiatives ont profondément modifié le visage de la ville, qui s’impose aujourd’hui comme un pôle scientifique, économique et touristique en plein essor. Les nouvelles infrastructures et les investissements qui les accompagnent attirent désormais des acteurs nationaux et internationaux, renforçant l’ouverture de la région sur l’ensemble du Royaume et vers l’Afrique subsaharienne.
Parmi les projets emblématiques figure la faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire de Laâyoune, qui célèbre aujourd’hui sa cinquième année d’activité. «Cette faculté constitue un véritable pôle scientifique qui permettra à Laâyoune de devenir une destination de référence dans le domaine du tourisme médical, grâce à la qualité de la formation qui y est dispensée», déclare Fatima Zahra Alaoui, doyenne de l’établissement.
«La proximité géographique a considérablement réduit les contraintes de déplacement auxquelles faisaient face de nombreux étudiants, en particulier les jeunes femmes qui rencontraient parfois des difficultés à poursuivre leurs études de médecine loin de leur région», ajoute-t-elle.
La faculté bénéficie également d’un emplacement stratégique, à proximité du futur CHU. «L’établissement a été implanté près du projet royal du centre hospitalier universitaire du quartier 25 Mars. Les étudiants pourront ainsi accéder directement aux stages cliniques et à la formation pratique dès l’ouverture de cette structure», confirme-t-elle, rappelant que les étudiants effectuent déjà leurs stages dans plusieurs établissements de santé de la ville.
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Sur le plan des infrastructures, un autre projet structurant marque le paysage régional: la voie express reliant Tiznit à Dakhla, en passant par Laâyoune, sur une distance d’environ 1.055 kilomètres. «Il s’agit d’un projet royal d’envergure qui a permis de réduire considérablement les temps de trajet et d’améliorer la sécurité routière», explique Mbarek Fencha, directeur central de cette route nationale.
«La largeur de la chaussée, la signalisation renforcée et les nombreuses aires de repos aménagées tout au long de l’itinéraire contribuent à améliorer les conditions de circulation pour les usagers», ajoute-t-il.
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Le projet comprend également plusieurs ouvrages d’art. «Seize structures, dont des ponts majeurs, ont été réalisées dans le cadre de ce projet. Parmi elles figure notamment le futur pont sur l’oued Sakia El Hamra, qui deviendra le plus long du Royaume avec près de 1.648 mètres», précise-t-il. Une fois achevé, cet ouvrage devrait contribuer à fluidifier le trafic routier dans la région, notamment pour les poids lourds reliant le nord et le sud du pays.
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À une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Laâyoune, dans la commune de Foum El Oued, un autre projet illustre cette dynamique scientifique: l’Institut africain de recherche en agriculture durable (ASARI), rattaché à l’Université Mohammed VI polytechnique (UM6P). «Depuis sa création, l’institut a réalisé plusieurs recherches scientifiques majeures et déposé plus de cinq brevets portant notamment sur la géographie de la région et ses plantes locales», explique Lamfeddal Kouisni, directeur de l’institut.
Les travaux menés par les chercheurs visent notamment à valoriser la flore locale et à trouver des solutions scientifiques face aux contraintes environnementales propres à la région. «Nos recherches s’intéressent particulièrement à la problématique de la salinité des sols, très présente dans les zones côtières, afin de proposer des solutions adaptées aux agriculteurs», ajoute-t-il.
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L’institut mène également une politique de proximité avec les acteurs locaux. «Nous organisons régulièrement des formations au profit des coopératives et des associations œuvrant dans le domaine environnemental afin de valoriser les ressources naturelles de la région», confirme-t-il.
Aujourd’hui, Laâyoune s’impose progressivement comme un carrefour stratégique dans les domaines scientifique, économique et sanitaire. Portée par les projets structurants lancés ces dernières années et par l’implication des autorités locales et régionales, la ville poursuit sa transformation à un rythme soutenu. Une dynamique qui dépasse désormais les frontières de la ville et qui s’étend progressivement à l’ensemble des provinces du Sud, engagées dans une nouvelle phase de développement depuis leur retour à la mère patrie au milieu des années 1970.








