Politique monétaire: Bank Al-Maghrib devrait garder inchangé son taux directeur, le 22 juin prochain

Le siège social de Bank Al-Maghrib, à Hay Riad, dans le nouveau quartier administratif de Rabat.  . DR

Bank Al-Maghrib (BAM) devrait maintenir le taux directeur inchangé à 1,5%, lors de sa deuxième réunion trimestrielle de l'année 2021, prévue le 22 juin prochain, anticipent les analystes de BMCE Capital Global Research (BKGR). Au moins trois éléments plaident pour ce statu quo.

Le 15/06/2021 à 10h01

Bank Al-Maghrib devrait, selon toute vraisemblance, renouveler en l'état son dispositif d'intervention au niveau du marché monétaire, en gardant inchangés son taux directeur et sa réserve obligatoire à 1,5% et à 0% respectivement", indiquent les analystes de BKGR dans un document, intitulé Flash strategy-Preview BAM.

L'économie marocaine poursuit sa reprise après la récession de 6,3% de 2020. BKGR souligne que le maintien d'une politique monétaire accommodante a contribué à appuyer le redressement de l'activité économique, laquelle devrait enregistrer une croissance de l'ordre de 5,3% cette année, conformément aux dernières projections de BAM, principalement fondées sur une bonne campagne agricole, estimée à plus de 98 millions quintaux.

"Le caractère accommodant de la politique monétaire, suite à la réduction du taux directeur en 2020 de 75 points de base (Pbs) et la libération de la réserve obligatoire s'est reflété dans l'évolution des crédits bancaires, dont l'encours a augmenté de près de 30 milliards de dirhams, pour atteindre 948,4 milliards de dirhams à fin mars, comparativement à la même période une année auparavant", indique ce document.

Cette progression, poursuivent les auteurs de ce document, s'explique notamment par la hausse de l'encours des crédits de trésorerie de 8,1% à 210 milliards de dirhams, profitant principalement de la dynamique des mécanismes Damane Oxygène et Damane Relance, dont le volume accordé avoisine 50 milliards de dirhams au terme de l'année écoulée.

En revanche, l'encours des crédits d'équipement et celui des crédits à la consommation ont accusé un repli de 5,3% à 179 milliards de dirhams et de 3,1% à 55 milliards de dirhams respectivement, deux composantes principales de la demande intérieure, qui "nécessitent vraisemblablement encore plus de soutien monétaire avant de retrouver leurs niveaux d'avant la crise sanitaire".

La poursuite du soutien à l'économie nationale via la sphère monétaire se justifie également, d’après BKGR, par l'évolution de l'inflation "demeurant jusqu'ici sous contrôle" avec une hausse des prix limitée à 0,7% sur les trois premiers mois de 2021. Celle-ci devrait toutefois s’accélérer durant les prochains mois sous l'effet de la reprise des prix des matières premières et des hydrocarbures à l'international.

Au volet du financement du Trésor, la société de recherche indique que la politique monétaire mise en place par la Banque centrale a également permis à l'argentier du Royaume de se financer à des conditions plus avantageuses sur le marché intérieur, dans le sillage de la baisse des taux primaires.

"Depuis la première baisse du taux directeur en 2020, le coût du financement du Trésor s'est nettement amélioré avec des baisses des taux obligataires allant de 30 pbs à 88 pbs, ce qui a permis à l'argentier du Royaume de répondre à ses besoins au niveau du marché domestique sans difficulté. Evolution qui, aujourd'hui, semble se stabiliser", conclut BKGR.

L’ensemble de ces éléments plaident ainsi pour un statut quo en matière de politique monétaire, lors du prochain Conseil de la Banque centrale programmé, pour mardi prochain, 22 juin 2021. 

Par Khalil Ibrahimi
Le 15/06/2021 à 10h01