Loi de Finances: le patronat table sur la création de 250.000 emplois

Dr

Revue de presseKiosque360. Il ne s'agit pas d'un souhait, mais d'une proposition concrète. Il est ainsi question d'exonérer les PME pendant trois ans, à condition qu'elles embauchent. Les détails d'une proposition qui pourrait changer le visage de l'emploi au Maroc.

Le 15/05/2017 à 22h42

Le patronat a présenté ses propositions d'amendements du projet de loi de Finances 2017 à la deuxième Chambre du Parlement. Parmi les mesures proposées, une exonération de l'IS pendant les 3 premières années pour toute PME créée entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2019. Une mesure qui devrait “non seulement dynamiser la création d'entreprise mais aussi de l'emploi”, souligne L'Economiste dans son édition du 16 mai. Les PME concernées devront, en effet, s'engager à créer au moins 2 emplois dès la première année d'activité. Selon les estimations de la CGEM, cela permettrait de créer 250.000 emplois en trois ans.

L'année dernière, l'économie nationale a perdu 37.000 postes nets, contre une création annuelle moyenne de 27.000 emplois durant les années 2014-2015 et de 95.000 durant la période 2008-2013. Or, chaque année, ce sont 350.000 personnes qui s'ajoutent à la population en âge de travailler. Mais la création d'emploi n'est pas suffisante pour absorber ce flux. Selon la Banque mondiale, “par rapport à la taille de sa population, le Maroc crée deux fois moins d'emplois que l'Egypte et trois fois moins que la Malaisie”...

S'il est retenu, cet amendement viendra élargir la panoplie de mesures en faveur de l'emploi. La dernière en date, Tahfiz (prise en charge de l'Etat de la part patronale), a été lancée en 2015. Son bilan? Pas fameux. A fin novembre 2016, 1.715 contrats ont été signés avec 817 entreprises et seuls 9% des fonds accordés ont été consommés, soit 5,9 millions de DH sur un budget de 70 millions de DH.

De même, la mesure d'encouragement à l'emploi à travers la prise en charge, par l'Etat, de la part patronale des cotisations CNSS pour une durée maximale de 12 mois en cas de recrutement, n'a pas connu un grand engouement. Au total, 615 contrats ont été signés avec 69 entreprises. Là aussi, le taux de consommation des fonds accordés par l'Etat reste faible: 4% des 10 millions prévus. 

Par Fayçal Ismaili
Le 15/05/2017 à 22h42