Le Trésor surveille la remontée des taux d’intérêt de la Fed

La Réserve fédérale américaine. . DR

Revue de presseKiosque360. Les hausses prévues des taux de la Fed en 2022 pour contrer l’inflation devraient se faire ressentir au Maroc. Cela pose un risque sur le recours au marché financier international. Cet article est une revue de presse tirée du journal Les Inspirations ECO.

Le 17/03/2022 à 22h46

C'est la fin de de l'argent bon marché! Dans son édition du jour, Les Inspirations ECO rapporte que la Réserve Fédérale a remonté ses taux d’intérêt pour combattre l’inflation pour la première fois depuis 2018. Ajouté à cela, "le conflit russo-ukrainien qui n’a fait qu'exacerber les tensions inflationnistes déjà bien fortes du fait de la reprise rapide post-Covid et des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement".

D'où le relèvement du taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 0,25% à 0,50%. "Cet ajustement sera suivi de plusieurs autres, le taux directeur étant attendu à 2,8% d’ici fin 2023", promet le quotidien qui assure que "le resserrement de la politique monétaire américaine, largement anticipé par les marchés, aura des répercussions sur l’ensemble de l’économie mondiale".

Le Maroc ne devrait pas être épargné, selon lui. "Le Trésor pourrait être contraint de revoir sa stratégie de financement", sachant que "plus du tiers de l’encours de la dette extérieure (201 milliards de DH à fin septembre 2021) est libellé en dollars et 30% souscrit à un taux variable".

En effet, le journal pense que les conditions pourraient se durcir pour les prochaines sorties à l’international, d'autant plus que "le Maroc a été déclassé de la catégorie Investment Grade par les agences de notation financière et que les répercussions économiques de la guerre en Ukraine risquent d’entraver le processus de consolidation budgétaire".

Les Inspirations ECO soutient en plus que "les nouvelles dépenses exceptionnelles, pour faire face à la sécheresse et pour protéger le pouvoir d’achat, vont creuser le déficit plus qu’anticipé dans la loi de Finances 2022". Sans oublier le fait que "le contexte a entraîné une hausse significative des spreads des pays émergents. Les émissions qui ont été réalisées par exemple à 1,5 ou 2% traitent aujourd’hui à 4%". Ce qui fait courir un "risque de renchérissement du coût d’emprunt du Trésor pour ses opérations sur le marché financier international". Il sera, dans ces conditions, difficile de concrétiser la totalité du programme de financement à l’extérieur.

D'ailleurs, il est prévu, selon lui, une exécution partielle, sachant que "le Trésor doit notamment rembourser l’emprunt de 1 milliard de dollars de 2012. Pour cette opération inaugurale sur le compartiment dollar, le Trésor avait mobilisé au total 1,5 milliard de dollars, dont 500 millions de dollars sur 30 ans". Le journal rappelle qu'en 2020, il a mobilisé un montant record de 3 milliards de DH en trois tranches.

Par Rachid Al Arbi
Le 17/03/2022 à 22h46