Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a publié un avis intitulé «Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc», dans lequel il préconise l’élaboration d’une «stratégie nationale durable pour l’alimentation» ainsi que l’adoption d’une loi spécifique visant à lutter contre le gaspillage alimentaire.
Dans une déclaration à la presse, le président du CESE, Abdelkader Amara, a mis en garde mercredi contre l’ampleur de ce phénomène qui pèse lourdement sur l’économie nationale et sur la société marocaine.
Dans notre pays, a-t-il indiqué, les chiffres de 2022 font état d’une perte d’environ 4,2 millions de tonnes de nourriture, soit près de 113 kilogrammes par citoyen, contre 91 kilogrammes en 2021. À cela s’ajoute un gaspillage d’environ 1,6 milliard de mètres cubes d’eau utilisés pour produire des aliments qui ne sont finalement jamais consommés.
Selon le président du CESE, cette situation engendre des conséquences majeures à plusieurs niveaux. Sur le plan économique, elle se traduit par une perte financière considérable et inutile. Sur le plan social, elle représente également un manque à gagner pour les populations vulnérables et exerce une pression directe sur l’augmentation des prix sur les marchés.
Pour limiter ce phénomène, Abdelkader Amara a expliqué que la feuille de route proposée par le Conseil repose sur plusieurs axes, notamment l’instauration d’une gouvernance renforcée et la création «d’un observatoire de suivi», la réduction des intermédiaires entre producteurs et consommateurs, l’amélioration des conditions de stockage et de transport, ainsi que le renforcement du rôle des associations et la promotion des «banques alimentaires».
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Le président du CESE a également précisé que ce phénomène s’observe tout au long de la chaîne de valeur alimentaire. Certaines filières agricoles, notamment les fruits, les légumes et les céréales, enregistrent des pertes comprises entre 20 et 40% lors des phases de production, de récolte, de stockage et de transport.
À cet égard, Abdelkader Amara a insisté sur la nécessité d’intégrer la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires au cœur d’une future stratégie nationale d’alimentation durable, destinée à renforcer la souveraineté et la sécurité alimentaires du Royaume.
De son côté, Mina Rouchati, membre du Conseil et rapporteure de l’avis, a souligné que les pertes et le gaspillage alimentaires constituent un défi multidimensionnel en raison de leurs impacts économiques, sociaux et environnementaux.
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Dans ce contexte, le plan d’action recommandé par le CESE devrait permettre de clarifier et d’harmoniser les dates de péremption des produits alimentaires et de mettre en place un mécanisme de gouvernance associant les ministères concernés, le secteur privé et la société civile.
L’objectif est de mieux coordonner les actions et d’assurer la cohérence des politiques publiques destinées à lutter contre les pertes et le gaspillage alimentaires.
À travers cet avis, le CESE appelle ainsi à une mobilisation collective pour endiguer le phénomène, réduire durablement les pertes alimentaires et renforcer la sécurité alimentaire du Maroc.












