Emploi: qui sont les travailleuses saisonnières marocaines en Espagne?

Des saisonnières marocaines récoltent des fraises sous une serre, dans un champ de Huelva, en Andalousie, en 2020. . MAP

Revue de presseKiosque360. La migration saisonnière apparaît comme une véritable opportunité pour les Marocaines, qu’elles saisissent dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 13/10/2022 à 21h30

Intitulée «Autonomisation des femmes travailleuses migrantes circulaires au Maroc» et rendue publique par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une étude dresse les profils entrepreneuriaux des travailleuses saisonnières.

Les résultats montrent que la majorité d’entre elles reviennent au Maroc avec 25.000 dirhams et plus à la fin de la saison en Espagne. «Ainsi, c’est véritablement le salaire et la possibilité de gagner de l’argent qui les motivent à partir», souligne le rapport, que décrypte le quotidien Les Inspirations Eco, notant que 97% d’entre elles se disent être plus sûres d’elles. Près de la moitié des saisonnières gagnent entre 1.000 et 1.500 euros par mois et 95% sont satisfaites de leur salaire.

La répartition des revenus au retour est centrée sur des dépenses d’ordre familial: le ménage, les enfants, la maison. 71% des femmes interrogées ont coché la case correspondant à l’achat de vêtements pour les enfants et 60% pour la scolarité des enfants. Seulement la moitié d’entre elles engage leurs économies dans l’aménagement de la maison.

S’agissant de l’épargne, le montant est proportionnel à la durée du travail saisonnier et à la manière de dépenser l’argent pendant le séjour. Dans le détail, 2% des femmes interrogées arrivent à épargner 60.000 dirhams à la fin de la campagne, soit au bout de 5 à 6 mois sur place.

Quelque 7% économisent 50.000 DH, 11% mettent de côté 40.000 DH, 18% atteignent 30.000 DH, 14% arrivent 25.000 DH et 6% à 15.000 DH. Cette somme étant étroitement liée à la durée de leur séjour en Espagne.

Il faut noter que le retour est une obligation pour ces femmes, d’où le concept de migration circulaire. Pour que ce retour soit effectif, des conditions sont mises en place: être de sexe féminin, être âgée de 25 à 45 ans, avoir au moins un enfant de moins de 18 ans à charge et de préférence disposer d’une expérience dans le travail agricole.

Le document de 44 pages nous apprend également que la tranche d’âge la plus significative est celle des 40 ans et plus avec 53% d’entre elles. Elles sont 34% à avoir entre 30 et 40 ans. Seules 12% ont moins de trente ans. Ce sont des femmes en âge de travailler. Parmi les 300 femmes questionnées, 53% sont mariées, 35% sont divorcées, et 9% sont veuves. Et 75 % des femmes interrogées proviennent du milieu rural.

«Parmi les femmes interrogées, 45% disent savoir lire et écrire. Pourtant, 57% ne sont jamais allées à l’école. Elles ont probablement appris la lecture et l’écriture lors des formations d’alphabétisation mises en place par l’État, ou lors de leur projet migratoire», lit-on.

Par ailleurs, poursuit le rapport, la moitié des femmes déclare que la liberté et l’émancipation sont des changements importants. Ce programme de migration circulaire agit également sur leur autonomisation, apprend-on.

Par Nabil Ouzzane
Le 13/10/2022 à 21h30