À la fin de l’année 2023, la dette publique extérieure du Maroc s’élevait à 44,4 milliards de dollars, enregistrant une hausse de 3,8 milliards de dollars en un an. Cette dette est détenue à 72,1% par des créanciers institutionnels bilatéraux et multilatéraux, parmi lesquels figurent des États ainsi que de grandes institutions financières internationales, résume le quotidien Les Inspirations Eco dans son édition du 30 janvier.
Parmi ces créanciers, le groupe Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) se démarquent par l’ampleur de leur participation, avec des parts respectives de 42,5%, 22,8% et 14,8% de l’encours total. Le Maroc est d’ailleurs le premier client de la BAD sur le continent africain, un fait régulièrement souligné par ses responsables.
Dans le cadre de projets d’infrastructure, plusieurs institutions marocaines s’appuient fortement sur ces financements. L’Office National Des Aéroports (ONDA) sollicite massivement les fonds de la BAD pour moderniser ses installations. De même, l’Office National de l’Électricité et de l’Eau potable (ONEE) recourt fréquemment aux financements multilatéraux, bénéficiant de la garantie de l’État, lit-on.
Concernant les organismes et institutions arabes et islamiques, leur contribution demeure plus modeste, représentant 11,7% de la dette publique extérieure. Près de la moitié de cette part provient du Fonds Arabe pour le Développement Économique et Social (FADES).
Sur le plan bilatéral, les États membres de l’Union européenne dominent largement, détenant 75,2% de la dette extérieure marocaine, suivis du Japon (11,9%) et des pays arabes (8,9%), selon les chiffres du ministère de l’Économie et des Finances repris par Les Inspirations Eco.
Quatre pays détiennent à eux seuls 83% de la dette bilatérale du Maroc. La France, premier créancier bilatéral, en possède la plus grande part avec 40,9% de l’encours. Elle est suivie de l’Allemagne, qui détient 26,3%, soit environ 24,1 milliards de dirhams. En troisième position, le Japon représente 11,9% de cette dette, illustrant ainsi son recentrage stratégique sur le Maroc. Enfin, l’Arabie saoudite complète ce groupe avec une part de 4,8%.
La dette publique extérieure comprend les emprunts contractés par le Trésor, ainsi que la dette garantie et non garantie des entreprises publiques et collectivités territoriales. Une partie marginale (1% de l’encours) est également détenue par certaines institutions financières marocaines.
Cinq grandes entreprises publiques concentrent à elles seules 76,8% des emprunts contractés par le secteur public. Il s’agit de l’OCP (Office Chérifien des Phosphates), de l’ONEE (Office National de l’Électricité et de l’Eau potable), ainsi que de l’ONCF (Office National des Chemins de Fer), responsable du réseau ferroviaire. À ces entreprises, s’ajoutent ADM (Autoroutes du Maroc) et Masen (Agence Marocaine pour l’Énergie Durable).
Quant au groupe de la Banque Islamique de Développement (BID), son implication reste limitée, représentant seulement 3,6% de la dette publique extérieure du Maroc, tandis que le Fonds Monétaire Arabe (FMA) en détient 2,2%.
Enfin, les créanciers privés possèdent 27,9% de la dette publique extérieure du pays, soit l’équivalent de 122,4 milliards de dirhams. Cette part est principalement constituée des émissions du Trésor sur les marchés financiers internationaux, notamment 26 milliards levés en mars 2023, ainsi que des emprunts garantis par l’État contractés par certaines entreprises publiques.
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