Consommation: appel à l’allègement de la fiscalité pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages

Nabil Taoufik, rédacteur en chef de Consonews et organisateur des Moroccan Consumer Days et Bouazza El Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC). . Said Bouchrit / Le360

Le 29/03/2022 à 21h44

VidéoCherté des prix, pratiques illégales… Les consommateurs souffrent de plusieurs maux qui impactent le pouvoir d’achat dans un contexte inédit. Prenant part à la 3e édition des Moroccan Consumer Days, le président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, Bouazza El Kharrati, a mis en avant ses recommandations pour soutenir les ménages.

Depuis plusieurs mois, les Marocains subissent de plein fouet la hausse du prix des produits de large consommation. Les perturbations des marchés mondiaux, la hausse du prix du fret et les instabilités géostratégiques dans le monde sont telles que les associations de protection des droits de consommateurs appellent à mettre en place des mécanismes pouvant limiter cette flambée des prix.

Parmi les propositions émises, le recours à un allégement fiscal ou un plafonnement des prix de certains produits de base essentiels au quotidien des Marocains. «Trop d'impôt tue l'impôt», martèle le président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), Bouazza El Kharrati, pour qui l’exécutif devrait revoir sa politique fiscale durant cette période afin d’alléger la facture des ménages et préserver leur pouvoir d’achat dans un contexte inflationniste inédit.

«Nous demandons au gouvernement simplement d’appliquer les directives royales dans le cadre de la protection de la classe moyenne. En tant que fédération de protection des consommateurs, nous avons soumis au gouvernement un nombre de recommandations, dont la baisse de 50% de la TVA sur un nombre de produits et la suspension des augmentations des taxes prévues dans le cadre de la loi de finances 2022 afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages», souligne le président de la FMDC en marge de la 3e édition des Moroccan Consumer Days, une rencontre annuelle dédiée aux problématiques des consommateurs marocains, tenue cette année sous le thème: «Baisse du pouvoir d’achat: quelles politiques de protection du consommateur».

Pour Bouazza El Kharrati, il serait également judicieux, durant cette conjoncture, de fixer le prix de certains produits de première nécessité. «Le gouvernement peut recourir dans le cadre de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence, à l’article 4 qui permet en cas de crise et de situation exceptionnelle de fixer les prix de certains produits pour une période de 6 mois après consultation du Conseil de la concurrence», explique-t-il.

Le président de la Fédération marocaine des droits du consommateur (FMDC), Bouazza El Kharrati, considère que la classe moyenne au Maroc est lésée en payant des impôts sans profiter du service public et des prestations sociales de manière à cueillir les fruits de ses efforts.

Le président de la FMDC dénonce également d'autres pratiques malsaines dont souffre les consommateurs au Maroc au-delà de la cherté des prix liée au contexte international, à savoir les fraudes, les ententes ou encore les spéculations qui fragilisent davantage le pouvoir d’achat des ménages.

Des pratiques qui selon lui nécessitent davantage de contrôle, d’inspection et de fermeté de la part des autorités afin de mettre fin aux pratiques frauduleuses de certains commerçants qui profitent de la conjoncture pour augmenter excessivement les prix de certains produits non impactés par la conjoncture ou réduire la qualité de ces produits face à une demande grandissante.

«Malheureusement, un bon nombre de clauses de la loi 31-08, sur la liberté des prix et de la concurrence ne sont pas appliquées, notamment en ce qui concerne les aspects liés à l’affichage des prix, l’étiquetage et les conditions de vente. Face au manque de fermeté, le citoyen est laissé à la merci des commerçants ou de certains lobbys. Les mesures de contrôle et de supervision doivent donc être plus rigoureuses», conclut-il.

Par Safae Hadri et Said Bouchrit
Le 29/03/2022 à 21h44